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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 07:00

... ou du Rire au Gai Savoir.

 

Après avoir évoqué "Le Rire" de Bergson, et pour rester dans la franche rigolade et la joyeuseté philosophique, j'ai pensé qu'un passage par "Le Gai Savoir" de Friedrich Nietzsche (1844 - 1900) était incontournable.  

De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...

Bon, ça va pas être facile ! Mais ne nous laissons pas décourager. Comment aborder "Le Gai Savoir" ?

Et d'abord, d'où vient ce titre ? Nietzsche était-il un incurable adepte de la poilade, de la déconnante, de la blague, du coussin péteur ? Quand on connaît un peu la vie du philosophe (surtout la fin de sa vie), on sait qu'il avait des charançons dans la toiture. L'anecdote du 3 janvier 1889 à Turin où il enlasse en pleurs et en pleine rue un cheval qui était fouetté par son cocher, est significative de l'état mental du pauvre Friedrich à partir de cette date. Mais "Le Gai Savoir" a été publié quelques années plus tôt en 1882.

 

De Bergson à Nietzsche...

"Le Gai Savoir" est en fait la traduction en français du titre allemand "Die fröhliche Wissenschaft" (là, ça calme hein ?) qui est lui même la traduction d'une formule occitane, "la Gaya Scienza" qui désigne en langue provençale l'art de composer les poésies lyriques des troubadours du Moyen Age. La traduction française du titre est-elle fidèle à l'idée que voulait faire passer Nietzsche ? Les spécialistes s'interrogent.

Pour être clair, je dois bien dire que si vous voulez rigoler un peu il vaut mieux lire "Va te marrer chez les Grecs" que "Le Gai Savoir"

Juste une petite blague, de mémoire: C'est un intellectuel, un chauve et un coiffeur qui font un trekking. Un soir ils campent dans un endroit désert et décident de veiller à tour de rôle sur leurs affaires. C'est le coiffeur qui prend la première veille et, pour s'amuser, il rase la tête de  l'intellectuel pendant son sommeil; puis il le réveille, une fois son quart terminé. L'intellectuel, en se réveillant, se gratte la tête et s'aperçoit qu'il n'a plus un cheveu. "Ah! s'écrie-t-il, ce con de coiffeur s'est gouré: au lieu de me réveiller, il a réveillé le chauve !"

 

Je sais, c'est absurde, mais ça me fait rire !

De Bergson à Nietzsche...

Cependant, "Le Gai Savoir" est une mine de réflexions sur la morale, la vie, la société, la religion, la connaissance ...

Je ressens souvent une étrange proximité avec l'auteur à la lecture de ses aphorismes.

Exemples:

52 - Ce qu'autrui sait de nous - (...) On vient plus facilement à bout de sa mauvaise conscience que de sa mauvaise réputation.

130 - Une décision dangereuse. - La décision chrétienne de trouver le monde laid et mauvais à rendu le monde laid et mauvais.

C'est peut-être pour ça qu'il s'est mis à câliner les chevaux !!! ?

173 -  Être profond et paraître profond. - Qui se sait profond s'efforce d'être clair; qui aimerait passer pour profond aux yeux de la foule, s'efforce d'être obscur. Car la foule tient pour profond, tout ce dont elle ne peut voir le fond: elle est si peureuse et si réticente à entrer dans l'eau...

334 - On doit apprendre à aimer. - C'est un peu long, (27 lignes) mais vous pouvez aller le découvrir vous même.

On trouve à chaque page de cet étrange ouvrage (étrange par la forme. Nietzsche y inclus même des poèmes) des éclairs de pensée qui nous rendent ce bon Friedrich si contemporain.

"La véritable vertu est aujourd'hui de faire quelque chose en moins de temps qu'autrui." 

Je pourrais encore citer ces passages où il explique que chercher à connaître est se mettre en état d'insécurité, ce qui explique sûrement pourquoi nous avons tant de mal à remettre en question nos certitudes pour aller vers une connaissance plus profonde.

 

Depuis quelques semaines on nous rebat les oreilles avec la dispariton des valeurs. Je pense que notre société a toujours  des valeurs, c'est juste qu'elles ont changé. Les valeurs actuelles sont le fric, la consommation, l'individualisme. Et si on cherchait à mettre au premier plan  l'instruction, l'éducation, la culture ...

Oui je sais, je rêve.

 

 

De Bergson à Nietzsche...

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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