Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 16:30

L'Utopie.

Petite confidence. Jusqu'à la semaine dernière je n'avais jamais lu un petit bouquin que je connais pourtant depuis ... et même peut-être encore avant ! "L'Utopie" de Thomas More.

Tu n'as jamais lu le texte intégral toi non plus ?

2 Euros ! même pas le prix d'un tiers de paquet de clopes !

More and more

Ah bon, tu l'avais lu ? Je me disais bien aussi, que tu devais être moins ignare que moi qui jusque là ne m'étais contenté que d'extraits ou de textes qui évoquent l'oeuvre de Thomas More qui a inspiré entre autres Saint Simon,  Fourier, Marx, Proudhon ou encore Jean-Baptiste Godin (le mec au poêle).

La monarchie britannique, la société anglaise du XVIème siècle, la noblesse, la justice,  la société européenne, ... en prennent pour leur grade ! Pour moi j'y ai trouvé la violence des critiques d'Aristophane sans l'humour scatologique et les histoires de cul qui émaillent les comédies du poète athènien du Vème siècle AV JC.

Quelques extraits ?

a) Tirés du Livre premier.

A l'adresse du roi:

"Et de fait, nager dans les délices, se gorger de voluptés au milieu des douleurs et des gémissements d'un peuple, ce n'est pas garder un royaume, c'est garder une prison."

A l'adresse de ceux qui gouvernent:

"Le médecin qui ne sait guerir les maladies de ses clients qu'en leur donnant des maladies plus graves, passe pour un ignare et un imbécile; avouez donc, ô vous qui ne savez gouverner qu'en enlevant aux citoyens la subsistance et les commodités de la vie, avouez que vous êtes indignes et incapables de commander à des hommes libres."

b) Tirés du livre second qui décrit la vie dans la république d'Utopie ("Utopie" est un nom fabriqué à partir du grec "ou" et "topos" = le pays de nulle part)  

"L"homme sage prévient le mal plutôt que d'employer des remèdes" (on est en plein dans l'épicurisme bien compris)

Les utopiens ne possèdent pas d'argent. Tout appartient à tout le monde (ça me rappelle encore "L'Assemblée des Femmes" d'Aristophane)

Ils sont habillés simplement et se moquent des gens qui "estiment leur habit au dessus de peur propre personne" et qui "exigent, en raison de la riche élégance de leur vêtement, des honneurs qu'ils n'oseraient espérer avec une mise simple"

A quelques passages près par exemple sur le servage ou l'inégalité hommes - femmes, très connotés XVIème siècle, ce livre aurait en grande partie sans doute, pu être écrit de nos jours.

Bon, je ne vais quand même pas vous recopier un petit bouquin à 2 Euros !

 

Juste un petit dessin pour faire transition mais ce sera le seul.

More and more

L'actualité ainsi que le contexte politique et social du moment ne me donnant pas vraiment envie de dessiner, je me suis dit que j'allais plutôt vous livrer une petite fable d'Aristogènes. Il y en a eu plusieurs dans les premiers articles parus en 2007 à l'époque  où il n'y avait que quelques dizaines de lecteurs.

L'idée d'écrire cette aimable plaisanterie m'est venue suite à la lecture d'une fable qui circule en ce moment sur Internet et qui est bien entendu attribuée à La Fontaine. Mais dès les premiers vers les propos haineux, racistes et xénophes qui s'en dégagent montrent à l'évidence (enfin peut-être pas "à l'évidence" pour tout le monde ?) qu'elle n'est pas du poète de Château-Thierry !

 

Tour de cochon

 

Dans une ferme Berrichonne

Un dindon,

Le gentil Léon,

Admirait une truie cochonne.

 

Une belle truie de Bretagne

Dodue et pleine d’assurance

Avec en plus de la prestance,

Parlant avec aplomb et hargne.

 

Le dindon souvent est affable,

C’est un bien brave volatile

Parfois quelque peu imbécile,

Prêt à gober la moindre fable.

 

Mais la truie est une enjôleuse.

Par maint discours et persuasions

Elle entraîna le bon Léon

Dans une aventure hasardeuse.

 

Comme elle détestait les moutons,

Elle fit croire au naïf dindon

Au cerveau en hibernation

Que les ovins sont des gloutons.

 

"Ils bouffent tout, ils puent, ils pètent,

Et sans parler de leur haleine,

Qui schlingue encore plus que leur laine.

Et puis ils n'en font qu'à leur tête !"


"Il faut chasser ces sales bêtes !

Ainsi dans notre basse-cour

Le bonheur en très peu de jours

Reviendra. Ce sera la fête !"

 

Le dindon suivit la cochonne,

Il en fut même le héraut

Et transmit à tous les nigauds

Les idées de sa truie mignonne.

 

C’est ainsi qu’une nuit pendant que la fermière

Se faisait prendre avec une ardeur cavalière

Les dindes et dindons se faufilent sans bruit

Et ouvrent doucement la grande bergerie.

En quelques gloussements ils évacuent les bêtes

Qui prennent dans les champs la poudre d’escampette.

Si bien que le matin quand revint le patron,

Il n’y avait dans la ferme plus le moindre mouton.

Et la truie triomphait devant la basse-cour

Tous les dindons du lieu venaient faire leur cour.

La fermière, un temps, en fut très affligée,

Puis elle se ressaisit, se mit à gamberger,

Noël n’étant pas loin, elle tua les cochons

Et en fit des pâtés et de bons saucissons

Et puis ce fut le tour des dindes et dindons

Qui firent les délices de nombreux réveillons.

 

Moralité :

 

Méfiez-vous des beaux discours

En politique ou en amour,

Car ceux qui briguent vos suffrages

Ne sont pas toujours les plus sages.


 

Allez, même si tout n'est pas parfait dans la république d'Utopie, je pense comme l'auteur que le utopiens ont une foule de choses que j'aimerais bien voir établies chez nous. Ne serait-ce déjà que la tolérance, le respect d'autrui, un peu de scepticisme dans la réflexion de chacun ...

Mais comme l'écrit Thomas More en dernière phrase de son livre:

"Je le souhaite plus que je ne l'espère."

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

Vous savez sans doute que Thomas More a été condamné à mort et décapité à la hache en 1535 sur ordre du roi Henri VIII dont il était devenu le conseiller avec le titre de "Chancelier du Royaume".

Qui a dit que "Les conseilleurs ne sont pas les payeurs" ?

Partager cet article

Repost 0
Dominikos

Articles Récents

Liens