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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 13:30

... et républicains.

Nous avons tous appris que le mot "république" venait du latin "res publica" que l'on traduit généralement par "la chose publique" ou "le bien commun".

C'est le mot "politeia" (qui a donné le mot "politique") qui exprime en grec la même idée.

Alors quand un parti politique prend pour nom "Les Républicains" ne s'approprie-t-il pas une partie de "la chose publique" pour en faire "une chose privée ?"

En d'autres termes, un individu (ou un groupe d'individus), peut-il légalement s'approprier un "morceau" du domaine public ?

Au risque de surprendre quelques lecteurs, je ne vois pas vraiment  de "contre indication" à ce petit hold up.

Explication.

Lequel d'entre nous ne s'est jamais risqué à s'approprier une partie de l'espace public ? J'ai le souvenir lointain de certains terrains de camping du Bassin d'Arcachon où dans les années 60 nous délimitions avec des "pignes" autour de notre tente une petit jardin privé .

Et puis bien sûr on pense à Jean-Jacques Rousseau: "Le premier qui ayant enclos un terrain, s'avisa de dire "ceci est à moi" et trouva des gens assez simples pour le croire ..." - Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. 1754.

Enfin on ne peut pas ne pas faire référence à Pierre-Joseph Proudhon.

« Si j’avais à répondre à la question suivante : Qu’est-ce que l’esclavage ? et que d’un seul mot je répondisse : c’est l’assassinat, ma pensée serait d’abord comprise. Je n’aurais pas besoin d’un long discours pour montrer que le pouvoir d’ôter à l’homme la pensée, la volonté, la personnalité, est un pouvoir de vie et de mort, et que faire un homme esclave, c’est l’assassinat. Pourquoi donc à cette autre demande : Qu’est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : c’est le vol, sans avoir la certitude de n’être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ? »

En fait, depuis le néolithique et la sédentarisation des populations, nous vivons en Occident dans des sociétés qui se sont constrtuites autour de l'appropriation de l'espace public. (différence fondamentale avec les peuples nomades) Non seulement la propriété est rarement remise en question mais elle est même considérée comme un "droit naturel et imprescriptible de l'homme" par l'article 2 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" du 26 août 1789.

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

Notre société "libérale" n'est-elle pas la championne de l'individualisme et de la propriété privée ?

 

Conclusion:

Nous sommes tellement habitués à voir une partie de l'espace public (la Terre, est le bien commun de l'humanité non ? Je ne sais plus qui m'a expliqué ça ? Dieu peut-être ?) appropriée par un petit nombre, que cela ne nous choque plus.

Sommes nous prêts à défendre la "chose publique" ? (Je veux dire "à défendre la République")

Si j'en crois le célèbre tableau du peintre Jacques-Louis David (1748 - 1825) exposé au musée du Louvre et dont le titre un peu long, est "La République essayant de sauver les armes du pouvoir des mains des prédateurs afin de les remettre au peuple qui n'en a rien à cirer", j'en déduis que le peuple espère plutôt un sauveur qu'il n'est prêt à tenter de se sauver lui même.

 

 


 

 

République...

Je vais partir pendant quelques temps à Francfort. J'en profiterai pour passer à la BCE dire quelques mots en faveur de mes amis Grecs. Retour fin du mois.

Je vais peut-être leur parler de Proudhon ?

Ou pas ?

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

 

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