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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 06:22

Le cannibalisme paradoxant.

Lecture de vacances.

Procrastination

La Colle sur Loup (Alpes maritimes). 

Sur un canapé de la maison dans laquelle  je suis invité, mon attention est attirée par un livre dont le titre m'interpelle.

"Le capitalisme paradoxant" - Vincent de Gaulejac, Fabienne Hanique. Seuil - 2015.

J'interromps ma séance de méditation ampélosophiste et j'ouvre le bouquin.

Procrastination

Aperçu rapidos du bouquin:  

Constatation: Après la Seconde Guerre mondiale l'espoir d'une mondialisation harmonieuse apparaît chez des intellectuels, des politiques et gagne peu à peu une bonne partie de l'opinion publique. On imagine l'émergence d'un nouveau modèle de société (presque idéale ?) qui "reposerait sur  le progrès scientifique, la croissance économique, la démocratie, et surtout sur une conception partagée de la justice sociale". Le capitalisme apparaît alors comme "un moteur essentiel, favorisant l'initiative, l'esprit d'entreprise, la circulation des capitaux, le libre échange". Ce modèle se mondialise.

Actuellement, (soit 70 ans après le début du développement de ce que les ampélosophistes pourraient qualifier d'utopie économique, politique et sociale) non seulement les problèmes sociaux économiques de l'après guerre ne sont pas résolus, mais les "crises" (financières, économiques, sociales, politiques...) se multiplient. Nous sommes plongés dans une société capitaliste créatrice de paradoxes, ("Capitalisme paradoxant")

Bon, enfin moi, je trouve ce bouquin passionnant, très pédagogique (les auteurs sont des universitaires), écrit dans un langage clair.

Bien sûr il y a moins de photos que dans "Voici" ou "Gala". Mais pour se remettre les neurones dans le sens de la marche après les vacances, cela me semble être une bonne lecture.

4è de couverture - Vincent de Gaulejac, Fabienne Hanique. A vrai dire, c'est la seule photo du bouquin.

4è de couverture - Vincent de Gaulejac, Fabienne Hanique. A vrai dire, c'est la seule photo du bouquin.

Dans la société capitaliste la "libre concurrence" est encouragée.

"La libre concurrence qui s'ouvre entre les producteurs pour satisfaire le marché est un facteur de progès dans l'outillage et accroît l'abondance"  (Adam Smith "Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations" 1776)

Cette compétion (= libre concurrence) "qui s'ouvre entre les producteurs" donne naissance à une "guerre économique"  dans laquelle les plus forts bouffent les plus faibles. D'où le développement (à l'échelle de chaque nation, mais aussi à l'échelle planétaire puisque ce modèle économique s'est mondialisé) d'inégalités de plus en plus grandes.

Les forts bouffent les faibles: La société capitaliste ne serait-elle pas devenue cannibaliste ?

Mais en même temps, cette société cannibaliste génère chez de nombreux individus, qui ne remettent pourtant pas en cause le système, de l'empathie, de la compassion, parfois même de la pitié, pour ceux qui souffrent, et cela se traduit en particulier par le développement de multiples organisations humanitaires (gouvernementales ou non) dont le but est de panser autant que possible les blessures générées par la société cannibaliste. Paradoxal non ? (d'où mon titre "Le cannibalisme paradoxant" ...tu suis ?)

Dès le plus jeune âge nous sommes conditionnés à accepter notre modèle de société comme étant "Le modèle" de la société évoluée, libre, démocratique ...

 

Procrastination
Procrastination
Procrastination

Mais pour que dans une société, il y ait des riches, il faut nécessairement qu'il y ait des pauvres, comme pour qu'il y ait des grands, il faut qu'il y ait des petits, pour qu'il y ait des gens qualifiés d'intelligents, il faut qu'il y ait des mal comprenants ... etc ...

Alors qu'en est-il de cette société égalitaire dont on nous parle depuis ... et même encore avant !

Cette société égalitaire ? Mais elle est pour demain bien sûr !

Depuis des siècles (des millénaires ? T'es sûr ?) on remet au lendemain l'avènement du régime politique idéal,  ou encore,  du "Grand Soir" des marxistes ou des anars ("dernier mythe poétique révolutionnaire" disait Jean-Paul Sartre) ou enfin, le paradis des religieux.

Nous vivons sur le plan politique et social, (sans vraiment toujours en prendre conscience), dans le monde de la procrastination.

D'où notre déception après chaque élection lorsque nous constatons que nos élus (en qui nous avions donc un minimum de confiance) ne tiennent pas les belles promesses qui aboutiraient à la mise en place du monde nouveau qu'ils avaient promis avant l'élection.

Je n'ai pas la cruauté d'évoquer ici la déception de quelques amis grecs...

Procrastination
Procrastination
Procrastination

Bon, c'est pas très optimiste tout ça ! Alors rien ne va changer ?

Mais non, absolument pas, nous sommes dans une fantastique période de mutation qui touche toute la planète puisque ces changements ne sont pas uniquement politiques, culturels ou sociaux mais affectent également notre milieu de vie, la Terre.

 

Mais alors à quel moment les humains vont-ils prendre conscience qu'il faut inventer de nouvelles formes d'organistions pour continuer à vivre en société ?

Peut-être quand le monde se sera transformé lui même si on croit cette remarque attribuée à Eratosthène:

"Le changement se produit dans les consciences quand il est consommé dans les faits."

- Thierry Crouzet - Eratosthène - Editions "L'Age d'Homme" - 2014

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

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