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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 18:55

Le "financier", c'est pas d'la tarte. 

Don't worry, be happy !

Vous connaissez le "Financier" ce petit gâteau parfumé à l'amande ? Avec une tasse de thé dans l'après-midi c'est plutôt sympa non ? 

Bien sûr je ne dis pas que parfois, le sandwich de voyou, andouillette, moutarde, cornichons avec un verre ou deux de vin de Saint Chinian ne soit pas préférable pour refaire le plein de calories, par exemple au retour d'une marée sur les parcs à huîtres du Bassin d'Arcachon. Mais le thé/financier ... je lui trouve quand même un certain charme.

Est-ce à cause de son origine ? Il aurait été inventé au XVIIè siècle par les soeurs  "Visitandines" de Nancy sous une forme ovale, puis un pâtissier voisin de la Bourse de Paris lui aurait donné au XIXè siècle sa forme de lingot d'or.  Peut-être aussi à cause de l'analogie avec la création du "canelé" (en Principe avec un seul N) créé au XVIIIè siècle à Bordeaux par les soeurs du couvent de l'Annonciade. Et puis c'est comme ça, j'ai un peu de tendresse pour les soeurs !!!! 

Saint François de Sales donnant la règle de la Visitation de Sainte-Marie à Sainte Jeanne de Chantal. (Noël Hallé: 1711-1781)

Saint François de Sales donnant la règle de la Visitation de Sainte-Marie à Sainte Jeanne de Chantal. (Noël Hallé: 1711-1781)

Voici un article qui commence avec élégance, ne trouvez-vous pas ? 

Pourquoi donc cette introduction du sujet sur une réflexion pâtissière ? 

Simplement parce que j'ai envie de tenter en quelques lignes d'évoquer l'importance de la finance dans nos sociétés qualifiées par certains penseurs "d'hypermodernes"

Qui dit "finance" dit "financier" et qui dit '"financier" rencontre les soeurs "Visitandines" et leurs petits gâteaux ! C'est clair non ? 

Don't worry, be happy !

Observons le fonctionnement de notre société. 

Les institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE, Institutions européennes...), imposent aux Etats des réformes afin de limiter leur dette publique. Des agence privées (Moody's, Standard & Poor's ...) au service de l'industrie financière qui les paye, attribuent aux Etats (démocratiques, cela va de soi !) des notes qui influent sur les taux d'intérêt auxquels ils vont pouvoir emprunter à des banques privées.  Afin de présenter la financiarisation de l'économie, (et par delà de la société entière), au grand public on invente un nouveau langage qui a pour but d'édulcorer d'anciennes formules dont la brutalité risquerait de heurter de front les citoyens. 

Exemples:

On ne parle plus de "profit" mais de ROE ("return on equity" - en anglais ça fait plus sérieux-)

"Licenciement", très vilain mot, est remplacé par "plan d'ajustement structurel". 

La Désindustrialisation devient le LBO ("leverage buy out" ou en français - c'est moins chic mais pas mal quand même- "effet de levier") 

Quant à la "délocalisation", elle prend le nom de "compétitivité" ce qui a quand même, convenez-en une autre gueule ! 

Le problème avec ce nouveau langage, c'est que souvent on ne comprend rien aux explications savantes que nous donnent dans les médias, experts de toutes sortes et politiques. Bon, en même temps c'est aussi le but de cette "novlangue", pour reprendre l'expression de George Orwell. Le plus inquiétant me semble-t-il, est que souvent, on ne comprend même pas qu'on n'a pas compris !!! 

Don't worry, be happy !
Don't worry, be happy !
Don't worry, be happy !

Essayons maintenant de présenter rapidement (la rapidité est une valeur fondamentale de la société hypermoderne, toute explication dépassant le nombre de mots d'un "Tweet" ou d'un SMS étant inaudible) la structure de notre société, afin de tenter d'en comprendre le fonctionnement. 

Représentons notre société sous la forme d'un iceberg. 

 

Don't worry, be happy !

Inspirons nous très librement des concepts proposés par Marx et Engels qui me semblent toujours valides.  

L'infrastructure de la société présente la façon dont est organisée la production, c'est à dire l'économie, puisque le mot "économie" désigne d'abord l'ensemble des activités humaines relatives à la production, distribution et consommation des richesses. L'infrastructure détermine en grande partie les superstructures de la société. 

La superstructure de la société désigne plutôt les productions non matérielles.

« Est-il besoin d'une grande perspicacité pour comprendre que les idées, les conceptions et les notions des hommes, en un mot leur conscience change avec tout changement survenu dans leurs conditions de vie, leurs relations sociales, leur existence sociale ? Que démontre l'histoire des idées, si ce n'est que la production intellectuelle se transforme avec la production matérielle ? Karl Marx. (Pas besoin d'être marxiste pour comprendre cela) 

Notre incapacité à transformer ce monde auquel nous trouvons tant de défauts vient me semble-t-il du fait que nous cherchons toujours à agir sur les superstructures de la société et non sur son infrastructure. 

Conclusion.

Cet article socio-pâtissier avait seulement pour but de réconforter  tous mes braves amis qui se désolent après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. 

Comment ? 

Simplement en essayant de montrer que pour changer vraiment un Etat en profondeur, il ne faut pas agir sur la superstructure de la société (par exemple en votant pour élire un représentant quelconque des citoyens - président, député ...)  mais en agissant sur l'infrastructure sociale (les fondements de l'organisation économique de l'Etat) ... et ça c'est une autre histoire ! 

Dans nos société "hypermodernes" où la finance domine non seulement l'économie mais aussi le politique, la marge de manoeuvre de ceux qui se présentent comme les "dirigeants" du pays est relativement étroite. D'où la déception des votants après chaque élection lorsqu'ils s'aperçoivent que les promesses électorales ne sont pas tenues !!! 

Vous voyez bien que la finance, c'est pas d'la tarte ! 

 

Don't worry, be happy !

Mais il se peut aussi que je ne raconte que des connerie ? 

"Si on doute de si peu de choses, c'est que les communes impressions, on ne les essaie jamais" Montaigne - Les Essais - Livre II - Chapitre XII. 

(Cette citation, si vous ne la savez pas par coeur, c'est que vous ne suivez pas ce blog depuis 2007 ... ou que vous avez un petit pois dans le grelot.)

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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