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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 19:30
   C'est pas gagné !

A la demande générale ( ou presque ) je vous livre la scène II du premier acte de cette comédie toujours dans le bon goût d'Aristophane, commencée dans l'article précédent.
Cette scène est inspirée entre autres choses, par l'éditorial de Jean Daniel dans le "Nouvel Observateur" de cette semaine qui évoque l'intervention militaire d'Israël à Gaza et ses conséquences en France. 

"Les représentants des grandes religions, de leur côté, viennent de prendre l'initiative d'inciter ensemble leurs fidèles à renoncer à toute violence. Les intellectuels ont un rôle considérable à jouer dans cette épreuve. Ce rôle est clair: il s'agit de montrer à l'opinion arabe qu'il y a de nombreux Français juifs hostiles à l'intervention israélienne à Gaza, et de montrer à ces derniers qu'il y a de nombreux Français musulmans qui exècrent le Hamas. La paix est un bien trop précieux pour la laisser entre les seules mains des religieux. D'autant qu'à la fin des fins il s'agit d'une chose et d'une seule:  obtenir la fin du massacre des innocents."

Alors vous pensez bien qu'Aristogènes et Pythagore ne sont pas les derniers à réfléchir sur le rôle des intellectuels dans la société !
D'où la scène II que je vous offre tout de suite juste après vous avoir précisé :
en argot grec, aggouri ( angouri ) = concombre, désigne  le sexe masculin.   

Bien entendu il est conseillé d'avoir lu la scène I dans l'article précédent avant de lire la scène II.

 

Pythagore

 

Ah, Poutsos mon ami, te voila revenu

Le concombre* lavé, purifié,  détendu. 


 

Aristogènes

 

Savais-tu, toi, Poutsos que les mathématiques

Pouvaient avoir aussi un effet cathartique ? 

En quelques mots choisis , Pytha, savant ami,

M’a guéri  à jamais de mon grain de folie,

Et il me proposait toujours avec passion

De m’expliquer ici sa dernière invention.


 

Poutsos

 

Zim boum boum tagada, j’adore les savants

Leurs discours sont pour moi comme des lavements.

Lorsque depuis trois jours je me sens constipé

Un intellectuel sait me faire chier,

Mieux que les devinettes de notre vieil Œdipe

Le discours intello me libère la tripe.

Je t’écoute Pytha, qu’as-tu donc inventé,

Le string en "La mineur" pour les concerts de pets,

Ou bien le rot à l’ail qui monte jusqu’aux cieux

Pour aller y flatter les narines des Dieux ?


 

Pythagore

 

Point du tout cher Poutsos, j’ai créé une table

De multiplication, pratique et confortable.
 

 

Poutsos

 

Une table ? Pytha,  tu faiblis, tu régresses,

Il y a bien longtemps que je pose les fesses

De la belle Ophélia, avant de la trousser,

Sur une table en bois où pour se trémousser

Elle est à la hauteur absolument parfaite.

C’est ainsi que souvent je lui souhaite sa fête.

La table, ce n’est pas toi qui l’as inventée,

Pythagore, mon vieux, cesse de te vanter !


 

Pythagore

 

Tu n’y es pas Poutsos, ma table elle est divine,

Et assez éloignée des tables de cuisine

Elle permet des calculs de simple arithmétique
Les multiplications …


 

 Poutsos

 

                        … c’est pas très érotique !

Tu cherches à m’embrouiller avec tes beaux discours

Tu me prends pour un sot, un crétin, un balourd !

Tu te présentes à moi en ami véritable,

Et tu veux m’expliquer ce que c’est qu’une table ?


 

Pythagore

 

Reprenons au début, j’ai dû mal m’exprimer

C’est un outil, vois-tu,  ce que j’ai inventé,

Ça n’a pas quatre pieds, ...c’est plutôt ... un tableau,

Qui comporte des chiffres,... ou bien des numéros,

Et qui d’un seul regard donne la solution

D’un produit appelé : la multiplication.


 

Poutsos

 

Mais c’est idiot ta table ami,... ou ton tableau,

On  n'y peut rien écrire, il n'est même pas beau,

Toi et Aristogènes, intellos de malheur,

Vous êtes je vois bien de vils usurpateurs !

Vous vous gargarisez avec de beaux discours

Qui pourrissent la vie. Mieux vaut faire l’amour.

Je vous laisse j’ai vu près des lauriers en fleurs

Une jeune brunette aux gentilles rondeurs.


 

Aristogènes

 

Ah mon pauvre Pytha qu’il est donc difficile,

De tenter d’élever l’esprit des imbéciles,

Crois-tu donc que ce soit vraiment une utopie

De vouloir instaurer la vraie démocratie ?

Celle où les citoyens éduqués, responsables

 Instruits et réfléchis, devenus raisonnables,

Pourraient  tenir enfin leur destinée en main ?

Je crois mon cher ami que ce n’est pas demain.


 

Pythagore

 

Pour éclairer le peuple, souvent je me le dis,

Il faut bien plus que le phare d’Alexandrie,

Oui mais peut-être un jour, qui sait,… dans dix mille ans ?


 

Aristogènes

 

En ces temps nous n’aurons plus jamais mal aux dents …

 

 

                                         ( à suivre...)


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