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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 19:02

Bien que voyageant entre le polythéisme antique, le monothéisme circonspect et l'athéisme radical, Aristogènes n'en est pas moins à quelques moments privilégiés de son existence, touché par la grâce. C'est alors qu'il rédige des fables, toutes emptreintes d'un mysticisme qui n'échappera pas au plus mécréant des lecteurs.

LE CURE LE PAUVRE ET LES DEUX SOURICEAUX

Un jour qu'il revenait de son chemin de croix,

Un curé vit un pauvre qui avait perdu la foi.

"Misère se dit-il, ce pauvre est malheureux,

Je vais le reconduire sur le chemin de Dieu !"

Brandissant son missel, il franchit le fossé,

S'élance vers le pauvre pour le réconforter,

Imaginant déjà les Saintes Ecritures,

Sauvant le malheureux par leur simple lecture.

A quelques pas de l'homme jouaient deux souriceaux,

Batifolant dans l'herbe, se montant sur le dos,

Faisant mille pirouettes; ils avaient l'air joyeux

Comme saint Paul de Tarse ayant rencontré Dieu.

Et soudain le bon père se sent bien ridicule,

En voyant les rongeurs qui gentiment s'enculent,

Tout à coup à ses yeux c'est la révélation:

"Oui, le chemin de Dieu passe par le croupion"

Le judaisme a aussi inspiré Aristogènes dans la fable suivante.

  LE CHAT, L'ABLETTE ET LE PETIT RABBIN

Un rabbin et son chat faisaient une prière,

Un matin de Shabbat, auprès d'une rivière,

Leurs pensées s'élevaient vers le Dieu Eternel

Qui protège à la fois les chats et Israël.

Une ablette gracieuse nageait dans le courant.

Le chat et le rabbin pensaient en la voyant,

Que le Dieu créateur des biens de la nature,

Pourrait pour le diner leur offrir la friture.

"Mais aujourd'hui Seigneur, nous sommes samedi,

En ce jour de Shabbat, tout travail interdit

Ne nous permet donc pas de pratiquer la pêche.

Mais toi, Ô Eternel, qu'est-ce qui t'en empêche? "

"Tu peux en un instant faire sortir de l'onde,

Plein de petits poissons dont la rivière abonde,

Un chat et un rabbin te prient avec ferveur,

De remercier ainsi tes deux pieux serviteurs."

Mais quand Dieu eut reçu la drôle de prière,

Après avoir souri, il se mit en colère,

"Pourquoi privilégier ceux de ma création,

Qui veulent à tout prix capter mon attention?"

Et soudain sans raison, le petit rabbin glisse,

Entrainant dans sa chute le chat plein de malice.

Ils finirent tous deux dans le cours d'eau profond,

Comme plat principal d'un festin de poissons.

 

Alors, a quoi ressemble Dieu ? A un barbu comme Zeus, il n'est pas représentable, comme le Dieu du judaïsme ou de l'islam, ou bien peut-il être partout, dans une pierre, un arbre, un animal,....présent dans toute Sa création? Aristogènes a réfléchi à la question.

L'ANACHORETE, LE CENOBITE ET LE CRAPAUD

"Quand le chant grégorien s'élève vers les cieux,

C'est la foi des chrétiens qui monte jusqu'à Dieu."

Disait en cheminant un moine cénobite

A son vieux compagnon, un pélerin , ermite,

Qui bien qu'anachorète, pour un pélerinage,

Avait pris le bâton, quitté son ermitage.

Le moine solitaire prétendait à son tour,

Que "Dieu n'est que tendresse, compassion et amour"

Et que pour l'honnorer, rien ne vaut la prière

Que l'on fait en silence, isolé, solitaire.

"Nul n'est besoin fastes, de musiques et de chants,

Laissons là ces pratiques, rites extravagants."

Le chemin serpentait en suivant un ruisseau.

Dans les joncs, sur la rive, se tenait un crapaud.

"Pensez avec le coeur " dit l'animal odieux

"Ne voyez-vous donc pas que c'est moi qui suis Dieu?"

Un rire fuse alors des gorges des deux frères,

"Dieu serait un crapaud ? Pourquoi pas une pierre !"

Juste à l'instant d'après on vit sur le chemin,

Deux crapauds étonnés, un bâton à la main,

Et le premier crapaud transformé en lumière,

Partit illuminer un autre coin de terre.

Alors, deux batraciens, des larmes plein les yeux,

Comprirent un peu tard le nature de Dieu.

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Dominikos - dans ampelosophisme

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