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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 20:37

Nous philosophons

ou 

nous filons au fond ? 

" Il faut souhaiter que philosopher soit la manière la plus naturelle de parler de l'homme, aux hommes." Cette citation est du philosophe danois Søren Aabye Kierkegaard, ( 1813 - 1855 ), à la pensée pas vraiment rigolote bien qu'il ait été parfois qualifié "d' humoriste". Il faut comprendre que son nom qui veut dire en danois "la ferme de l'église"   ("gaard" = la ferme, "kierke" = l'église ) est proche du mot " kirkegård qui signifie "le cimetière" ! Tout un programme. Est-ce pour cela qu'il publie en 1844 " Le concept d'angoisse" ? Toujours est-il que je n'aurais jamais dû commencer cet article en partant d'une pensée de Kierkegaard, car ce mec a un don certain pour plomber l'ambiance !

Voilà que le pessimisme me reprend ! Et pourtant je pensais à quelque chose de drôle !

Est-ce que je n'aurais pas comme le roi Midas, des oreilles d'âne (1) ? C'est la question que je me posais il y a quelques jours, un matin entre 8 et 9 heures,  dans ma voiture.

 J'avais  la radio branchée sur  "France Culture". Il était question des "caucus" démocrates en vue de la  prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis. ( Caucus déjà évoqués dans l'article "Il faut boire" ). Les intervenants expliquaient que  Barack Obama en tant que noir, allait avoir pour lui un grand nombre de suffrages de la communauté noire alors qu'Hillary Clinton en tant que femme  recueillait le soutien de nombreuses femmes. Mais qu'en est-il donc des femmes noires se demande alors un intervenant.   Et voilà que chacun donne son avis sur le vote des femmes noires !

Là je me dis que je me suis gourré,  que je ne suis pas sur "France Culture", mais  sur " Rires et Chansons" où une bande de joyeux rigolards fait une parodie de "France Culture". Les Américains ne sont quand même pas si cons que ça ! Et s'ils étaient vraiment assez stupides pour déterminer leur vote en fonction de la couleur ou du sexe du candidat et non sur son programme politique, les journalistes de "France Culture" seraient les premiers à s'indigner d'une démocratie qui repose sur le suffrage de citoyens qui ont moins de raisonnement qu'une méduse centenaire atteinte de  la maladie l'Alzheimer.

Vérification faite, j'étais bien sur "France Culture" !

Nous tombons tellement bas que nous filons au fond  me dis-je trouvant par là le titre de ce modeste article.  

But it is not the end of the story !

Pas plus tard que this morning, I was dans ma bagnole again ! And the radio was on..."France Culture " of course ! And tout à coup the subject du jour revient sur les élections américaines par un chemin détourné. Voilà qu'un paléoanthropologue évoque la montée aux Etats-Unis des thèses créationnistes ( Dieu a créé l'homme et le monde tel qu'il sont aujourd'hui ) face aux thèses évolutionnistes ( "l'homme descend du singe" ou plutôt," "l'homme et le singe ont un ancêtre commun" ) présentée au milieu du XIXème siècle par Darwin, reprise et étayée depuis par l'essentiel de la communauté scientifique. D'où la question politique: comment un candidat à l'élection présidentielle, peut-il récupérer les voix des électeurs favorables à la thèse créationniste sans se couper des tenants des thèses scientifiques évolutionnistes ?

Et voilà t'y pas que le débat s'engage sur cette question fondamentale sans que personne ne l'interrompe en s'écriant:

" Oh, les intellos , STOP ! Ne coyez-vous pas que la question qui se pose est de savoir ce qu'est devenue la démocratie environ 27 siècles après Clisthènes ! " 

Le vieux Clisthènes ( le fondateur de la démocratie athénienne - 570 - 507 av JC-) quand il entend ça il doit se mordre les couilles !

Vous allez me dire qu' à son âge il n'a sans doute plus de dents alors ça ne va pas lui faire bien mal !

Oui, vous avez raison, depuis 27 siècles ses couilles sont sûrement plus sèches que de vieux raisins de Corinthe. Elles sont même tombée en poussière? Bon d'accord, mais c'était juste une image ! C'est fou quand même la faculté que vous avez de vous attacher spontanément aux détails et à laisser tomber le fond du problème !

 Lui, ( Clisthènes, vous avez déjà oublié ? ) qui croyait avoir trouvé un mode de gouvernement fondé sur la raison des citoyens et non sur la force du tyran ou la croyance dans le pouvoir divin du roi ou de l'empereur ! Un vrai gouvernement d'hommes civilisés qui se distiguait par là des gouvernements des "barbares"! Nom de Zeus, y'a de quoi se reconvertir en ostréiculteur, en montreur d'ours, en proxénète, en prof, enfin n'importe quoi sauf en philosophe philanthrope ( en grec = ami des hommes ) fondateur d'institutions politique !

« On aurait remarqué que la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l'exception de toutes les autres éprouvées. » Winston Churchill.

Au mieux, la démocratie contemporaine est élitiste parce que promouvant du politicien professionnel. Cette race trop spécialisée semble avoir maîtrisé toutes les complexités du pouvoir civique et de l'opinion populaire. Les politiciens démocrates n'ont pourtant maîtrisé très peu au-delà des ruses électorales et de leur financement. ( Vous ne vous sentez pas visés Nicolas S. ou Bernard K. ? Ah bon, tant mieux parce que ce texte n'est pas de moi.)

La laocratie(1) exigerait une équité de base absolue quant aux individus, de l'émancipation personnelle, des sauvegardes compliquées contre l'exploitation, soit de l'intérieur du groupe, soit externe, et beaucoup plus de temps libre pour philosopher .( Là, c'est moi qui souligne, mais si Montesquieu ou J.J. Rousseau avaient lu cet article  ils auraient souligné aussi.) 

 Mark Mulligan.

(1) Laocratie = Du grec "laos" = le peuple: "pouvoir du peuple" ( voir l'article "L'air mythe" sur le sens du mot démocratie.)
                                                                                   

 http://peaceworld.freeservers.com/190LAOCRACYfr.htm

Ce qui distingue fondamentalement la démocratie contemporaine de la démocratie antique de Clisthènes c'est que notre notion de "peuple" a changé. Pour les anciens  Grecs, les femmes les enfants les étrangers ( métèques ) les esclaves, ne faisaient pas partie du "Peuple" tout au moins pas dans le sens du mot "démos". Ils faisaient partie du "laos" ou de l' "ochlos" . Seuls les membres du "démos" qui avaient accès à l'instruction et qui avaient le temps libre pour s'informer,  et une solide éducation civique fondée sur les devoirs des citoyens envers leur cité ( il est à remarquer que les textes anciens ne parlent pratiquement jamais des droits, mais des devoirs des citoyens ). Alors que dans les démocraties actuelles en assimilant la quasi totalité des membres de la société au "démos", et en crétinisant(2) la masse des individus, les classes ( ou "catégories sociales", si vous trouvez le mot "classe" trop marxiste) dominantes ont, comme le faisait remarquer  Jean Jacques Rousseau, pu conserver leur pouvoir sans risque.

- Alors il n'y a pas que les américains qui se font avoir par les politiciens au service de la classe dominante ?

- Mais non Ginette ! Bien sûr que chez nous aussi ça fonctionne pareil. Regarde moins d'un an après les élections présidentielles, la majorité des Français ne fait plus confiance à Sarkozy. Est-ce Sarkozy qui a changé ou les électeurs qui s'aperçoivent qu'ils n'ont pas élu le président de leurs rêves ? Est-ce que lors de la prochaine élection nous en aurons tiré la leçon? Bien sûr que non ! On va nous maintenir dans "le degré zéro de la réflexion" (emprunt à Roland Barthes qui ne m'en voudra pas )  jusque là et bien plus loin encore !

Le problème, c'est que t'as quelque chose de mieux que la démocratie ( au sens contemporain ) à proposer toi ? Moi non plus !

Clisthènes !

Réveille toi nom de Zeus !

Au secours ! Y'a urgence !

Ah! Bien sûr, si personne ne veut se coller au problème de l'organisation politique du monde contemporain, je vais m'y mettre moi ! Mais après ne venez par râler si c'est moi qui entre dans l'histoire et pas vous, les grands philosophes professionnels !

Et puis moi, vous croyez que je n'ai que ça à faire ? Tiens si vous voyiez mon emploi du temps, il est plus noirci de notes de rendez-vous, qu'un mur de pissotières de jardin public. D'ailleurs tant que j'y pense, c'est quand Gigi qu'on va visiter les deux châteaux de tes potes à La Brède ? (3)

  (1) Midas roi mythique de Phrygie ( Asie mineure ) est appelé pour être le juge d'un concours de musique entre Apollon qui joue de la lyre et le satyre Marsyas, joueur de flûte. Midas qui bien qu'ayant été élevé par Orphée a autant le sens de la musique, que la méduse d'Aristogènes a le sens de la philosophie. Donc ce couillon de Midas déclare le satyre Marsyas vainqueur et Apollon pour se venger lui colle des oreilles d'âne .

Alors bien sûr Midas se dit qu'il n'a pas l' air malin, surtout que cet amphoiré ( du mot "amphore" un amphoiré est quelqu'un de mis en amphore, forme ancienne de la "mise en boîte" )  d'Apollon ne lui a donné que les oreilles de l'âne mais pas la queue, ce qui aurait pu être une compensation avantageuse dans ses rapports avec les dames. Donc il cache ses obarasses ( "oreilles" en "patois bordelais ) sous des cheveux longs et un bonnet phrygien. Un jour un esclave en lui coupant les cheveux découvre les obarasses monstrueuses. Ne pouvant pas garder le secret pour lui, il creuse un trou et le confie à la terre. Il rebouche le trou, en pensant ainsi  enfermer le secret. Mais des roseaux poussent à l'endroit du trou et le vent qui les agite leur fait murmurer la pharse: "LE ROI MIDAS A DES OREILLES D'ÂNE" 

(2) Le mot est un peu violent ?

(3) A La Brède il n'y a pas que le château de Montesquieu à visiter.

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