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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:00

Jument blonde

 Juste avant d'aborder le sujet du jour, une petite info sur DSK, qui n'a rien à voir. 

Whitney Houston 

C'est nul ! Pardon, elle m'a échappé.

 

Tiens à propos d'hôtel de luxe, j'ai eu l'occasion de faire la semaine dernière une expérience suite à une invitation (Merci Clément). Je vous raconte en images.

 1 - La chambre.

 Photo 029

 2 - L'attente de la femme de ménage qui va me faire une gâterie. 

Photo 056

 3 - Elle n'est pas venue et je me suis retrouvé comme un gland.

Photo 063

Cela dit, le cadre, le service, tout est parfait surtout quand on est invité et qu'on ne se préoccupe pas du prix.

Et pendant ce temps, pas loin de là il y a des gens qui ont faim et qui crèvent de froid. Et à Paris on chauffe même la pelouse du Stade de France (en vain d'ailleurs) mais on manque de fonds pour réchauffer les plus déshérités. A croire "qu'ils le font exprès !"   

Mais qui sont "ils" ?

"Ils", c'est sans doute ceux qui gouvernent ?

Mais "ceux qui nous gouvernent" d'une part nous les avons élus et d'autre part nous devrions savoir (si nous ne savons pas ça veut dire que nous votons sans comprendre ce que nous faisons) que ces gens sont des adeptes d'une théorie socio-économique qui s'appelle le libéralisme.

Le libéralisme c'est chouette car dans ce mot il y a "liberté". Un des grands penseurs du libéralisme fut Charles Dunoyer (1786-1862). Mais peut-être a-t-on oublié de vous en parler à l'école. Dunoyer expliquait le plus sérieusement du monde que la misère était un mal nécessaire, et qu'il était opposé à l'assistance sociale car "elle perpétue les vices des pauvres et les encourage à proliférer".

 «Vous trouvez qu'elle est un mal hideux (la misère). Ajoutez qu'elle est un mal nécessaire (...) Il est bon qu'il y ait dans la société des lieux inférieurs où sont exposées à tomber les familles qui se conduisent mal. (...) Elle offre un salutaire spectacle à toute la partie demeurée saine des classes les moins heureuses; elle est faite pour les remplir d'un salutaire effroi; elle les exhorte aux vertus difficiles dont elles ont besoin pour arriver à une condition meilleure.» (Barthélemy Charles Pierre Joseph Dunoyer, économiste français du XIXe siècle, cité par Robert Castel dans Les métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1995, p. 244)

 Bon, je vous cite juste ça au cas où vous seriez en manque de sujet de réfexion en attendant de voir enfin France/Irlande au Stade de France dégelé.  

Bien sûr tout le monde voit la richesse, la misère, constate les effets de la crise, écoute (ou entend) les discours politiques, mais tout ce que nous percevons est souvent confus, plié, froissé, et donc bien plus complexe que ce que peuvent en dire les discours "populistes". Donc le philosophe doit faire du repassage, essayer de défroisser, de déplier pour rendre plus lisible.

 

Pliage 1

 Pliage 2

Pliage 3

Pliage Ampélo-philosophe

Ah oui, le titre était "Jument blonde", j'allais oublier !

C'est à cause d'un dialogue qui aurait pu être de Platon que j'ai reçu il y a peu. En voici la copie.

Dans la Grèce antique, Socrate était loué pour sa sagesse.
 
Un jour, une de ses connaissances vint le voir tout excitée et lui
dit: "Socrate, sais-tu ce que je viens d'apprendre à propos de Diogène?"
  
 
"Un instant," répondit Socrate, "avant de me raconter ça, tu dois
passer un petit test. Je l'appelle le test à trois filtres".
  
"Voyons ce que tu as à me dire. Le premier test est celui de
la vérité.
Es-tu absolument sûr que ce que tu vas me dire est la vérité?"
 "Non; en fait j'en ai entendu parler".
 
  "Bien" dit Socrate "tu ne sais donc pas si c'est vrai ou faux. Passons
au second filtre. le filtre de
la bonté. Est-ce que ce que tu vas me dire au sujet de Diogène est quelque chose de bon?"
 "Non; au contraire".
 
  "Ainsi" continua Socrate,"tu t'apprêtes à me dire au sujet de Diogène
quelque chose qui pourrait être mauvais alors que tu ne sais même pas
si c'est vrai".
 L'homme se sentit un peu embarrassé.
 
Socrate continua. "Tu peux quand même passer le test car il y a un
troisième filtre, celui de
l'utilité. Est-ce que ce que tu vas me dire au
sujet de Diogène peut m'être utile?"
 "Utile ? non, pas vraiment".
  
"Bien" conclut Socrate, "si ce que tu veux me dire n'est ni vrai, ni
bon, ni même vraiment utile, pourquoi me le dire?"
 
 
  L'homme se trouva honteux et resta sans voix.
  
Voila qui illustre bien pourquoi Socrate  fut un grand philosophe et
tenu en telle estime.

(Mais il ne sut jamais que Diogène le trompait avec sa femme).

Le dialogue est superbe et la chute subtile...  

La femme de Socrate était une emmerdeuse. Socrate disait (nous rapporte-t-on) qu'il l'avait épousée pour s'entraîner à la patience ! Elle s'appelait Xanthippe ce qui veut dire "Jument blonde" (Xanthos = blond et Hippos = Cheval)... mais...

...mais ... Socrate est mort en 399 av JC et Diogène est né à Sinope vers 413 av JC. Il avait donc environ 14 ans à la mort de Socrate. Etait-il déjà à Athènes?   Si oui, avait-il envie de se faire "déniaiser" par la "jument blonde" ?

Donc il n'est pas inutile de "déplier" toute information.

Diogène Xanthippe

 Commentaire:  Diogène disciple d'Antisthène était un philosophe "cynique", mot qui vient du grec Kuon - Kuwn - (  kyon  avec la prononciation grecque) qui veut dire "chien". Les cyniques vivent comme des chiens.

Même les dessins de cul ont un côté pédagogique ! Mais là c'est juste pour enlever quelques plis ... sur la peau ridée de Xanthippe.

 

  Correspondance:  aristogenes@aliceadsl.fr

 

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