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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 08:15

            Le vélo


 Alors que je travaillais  depuis environ trois cents jours et presque autant de nuits, ne tenant éveillé que par l'absorption de quantités balzaciennes de café fort, avec application, sérieux, acharnement, constance, réflexion, documentation, sensibilité, sagesse, érudition, soins, transpiration, méthode, persévérance, assiduité, gravité, savoir, raison, scrupule, soins, connaissance, culture, logique, et intelligence à la préparation de mon intervention dans un symposium dont le thème portait sur "l'onanisme chez les ophidiens et les coiffeurs", je reçois un message m'informant que le thème a subitement changé et que le nouveau sujet choisi est: le vélo.

Le vélo ?

Le vélo.

Le vélo ??

Le vélo !!

Non, mais le vélo...vélo ?

Oui, le vélo.

Vous dire ma stupeur, mon étonnement, mon abattement, ma tétanisation, ma pétrification, mon effondrement serait bien trop pénible et je ne tiens pas dans ces lignes à vous faire partager ma douleur du moment.
Je me mis à penser:

Percé jusques au fond du coeur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable auteur d'un beau texte rebelle
Sur la masturbation des boas, des coiffeurs, 
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon jeu récompensé,
Ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon texte est l'offensé,
Et l'offenseur Marie*, pire que Madeleine !

*Elle se reconnaîtra.

Puis après quelques jours au cours desquels je me réfugiais dans les activités ostréicoles, je sentis à nouveau peu à peu ma vigueur d'esprit  revenir. 

Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que Marie impute à ma mémoire
D'avoir mal soutenu l'honneur de ma raison ! 
Laisser là le vélo dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert plus à rien.
Allons, et pédalons, sauvons du moins l'honneur,
Puisque après tout il faut perdre les ophidiens. 

C'est ainsi que je me remis au travail sur le nouveau sujet

Ne sachant trop comment aborder le thème du vélo sous un angle ampélosophiste, je décidais de commencer par en étudier l'histoire. 

Origine du vélo. 

C'est peu après la chute de l'empire napoléonien qu'un anglais Sir William Leyburn ( descendant de Robert de Leyburn, sénéchal du roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, Edouard 1er, fondateur de la bastide de Libourne en Gironde à laquelle il a donné son nom), vient passer quelques semaines de villégiature à Chamonix. Il loge chez Léon Jécraz le charron. William Leyburn passionné de technique, de physique et de mécanique parle à Léon de son projet de construire une machine permettant de se déplacer rapidement et sans effort. Ils mettent au point l'ancêtre du vélo connu dans l'histoire sous le nom de " Machine Jécraz-Leyburn"

ATTENTION: Toute autre histoire que vous pourriez trouver sur l'origine du vélo ne serait que pure invention et affabulation. 

Je ne saurais trop vous recommander de considérer les documents historiques avec un esprit critique toujours en éveil. L'historien n'est pas celui qui compile des documents mais celui qui les interroge. Méfiez-vous du document brut. Méfiez-vous des imposteurs qui se présentent comme des historiens mais qui ne sont que des raconteurs d'histoires !!!




( Tiens à propos d'historien je vous recommande l'achat et la lecture du beau roman de Jean Pierre Méric, historien d'abord mais aussi romancier où vous suivrez les tribulations du jeune Symphorien, enfant trouvé, dans le Médoc des années 1840 )  
C'est aussi un beau cadeau à faire pour Noël !!! ( Pub gratuite )





Passons sur les deux siècles d'évolution de la machine, et abordons maintenant:

 La dimension ethique de la pratique du vélo. 

" L'éthique, c'est l' esthétique du dedans " a écrit Pierre Reverdy poète initiateur du surréalisme et grand amateur de cyclisme qui dans son ouvrage "Les jockeys camouflés"
( 1930 )
décrit en réalité les coureurs du Tour de France**. 

** Mais vous n'êtes pas obligés de me croire.

L'éthique est la science de la morale, mais si elle est bien "l'esthétique du dedans"  je ne crois pas exagéré de dire qu'avec le vélo on la morale dans le cul. 
Non, ne hurlez pas au scandale, à la grossièreté gratuite, mais considérez plutôt l'image suivante qui illustre parfaitement mon propos.

Et là qu'est-ce que vous dites ? Vous voyez bien que je n'y suis pour rien je ne fais que décrire scrupuleusement la réalité.

Donc tous les discours sur le bien fondé des déplacements à bicyclette, sur les plaisirs respectables de la pratique vélocipédique, toutes les homélies sur les bienfaits de la "petite reine" pour l'organisme humain, tous les sermons sur la beauté des paysages découverts sur deux roues, ne me semblent engager que ceux qui les prononcent.
Moi je ne peux pas m'empêcher de trouver un côté pervers à la pratique de ce mode de déplacement.
Quoi ? J'exagère ?   Regardez donc encore ce qui suit.



En voilà un qui au moins, va jusqu'au bout de ses phantasmes !





Donc soyons honnêtes, et avouons que la pratique régulière du vélo est fondamentalement pour les adeptes, une forme de comportement hédoniste pour ne pas dire complètement onaniste.

Un hédonisme cyclopédique ?

Existe-t-il donc une forme d'hédonisme cyclopédique ?  D'après notre étude ci-dessus il semble bien que la réponse soit positive. Cependant peut-elle être généralisée ? Si le vélo avait été connu au IVème siècle avant JC, Aristote et ses disciples auraient ils été des cyclopédaliciens et non des péripatéticiens ? Peut-on prendre du plaisir à philosopher en pédalant ? Peut-on parler d'une esthétique de la pensée sur pneumatiques ? Existe-t-il une métaphysique du boyau ?
Le débat reste ouvert mais Aristogènes quant à lui a tranché.



 


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