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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 16:15

            Modèles identificatoires  

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  L'enfant et l'adolescent construisent leur personnalité en grande partie en s'identifiant plus ou moins inconsciemment à des personnages réels ou imaginaires qu'ils prennent pour modèle. On appelle ces personnages des "modèles identificatoires"

L'adulte peut aussi avoir des modèles identificatoires qui inspirent ses actions; c'est le cas par exemple d'Héraclès pour Aristogènes.

Mal à la tête 

 

 N'en déplaise à mes amis Philippos Léonidas et Dimitri Bouzoukiakis je ne calque pas ma conduite uniquement sur les grands héros Hellènes. 

Préceptes

  Mais le choix d'un modèle identificatoire est parfois difficile, d'autant que ce choix est souvent, comme nous l'avons vu en grande partie inconscient.

Modèle

 

  Voilà, je voulais juste aborder un sujet de culture générale pour ne pas toujours coller à l'actualité qui se démode si rapidement.

Bien qu'un sujet d'actualité ait retenu mon attention. Vous vous souvenez de l'expression de José Bové quand il s'attaquait aux restos rapides:

Il faut lutter contre  "LA MAL BOUFFE"

Couic ! Oui, je sais, c'est minable, je n'en suis pas très fier..., mais pour ma défense je dirai que quand on a été élevé à l'humour bête et méchant d'Hara Kiri on ne peut pas faire que des blagues de bon goût ! Alors pour élever un peu le niveau ( ce n'est pas bien difficile) je vais vous livrer le texte d'Elisée Reclus dont j'ai parlé dans l'article précédent.

Note pour les paresseux

Si vous avez la flemme de le lire vous pouvez arrêter votre lecture ici, après il n'y a plus d'images.

 

Lettre d'Elisée Reclus à Jean Grave publiée dans "Le révolté" ( Octobre 1885 )

  Elisee-Reclus

  " Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant, ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit au suffrage. 

  Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.

Voter, c'est abdiquer; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel, ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil, sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au dessus des lois puisqu'ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

Voter c'est être dupe; c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain au tintement d'une sonnette la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant légiféré sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l'échenillage des arbres, à l'extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l'immensité de la tâche. L'histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines la médiocrité prévaut fatalement.

Voter, c'est évoquer la trahison. Sans doute les votants croient à l'honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages - et peut-être ont-ils raison le premier jour quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l'homme change avec lui. Aujourd'hui, le candidat s'incline devant vous, et peut-être trop bas; demain il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L'ouvrier, devenu contremaître, peut-il rester ce qu'il était avant d'avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n'apprend-il pas à courber l'échine quand le banquier daigne l'inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l'honneur de l'entretenir dans les antichambres? L'atmosphère de ces corps législatifs est malsaine à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption; ne vous étonnez pas s'ils ont été corrompus.

N'abdiquez donc pas, ne remettez pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d'autres, défendez-les vous-mêmes; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d'action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c'est manquer de vaillance."

 

Ah, il ne faisait pas dans la dentelle le géographe de Sainte Foy la Grande !

Merci à JPM pour ce texte.

 

Correspondance : aristogenes@aliceadsl.fr

 

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