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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 17:20

   Apologie de ce bon Raymond

"C'est à la vérité un domaine très grand et très utile que la connaissance. Ceux qui la méprisent montrent bien par là quelle est leur sottise"

Vous avez bien sûr reconnu le début du chapitre XII du livre II des "Essais" de Montaigne, dont le titre est "Apologie de Raymond Sebond" , auquel j'ai emprunté le titre que j'ai adapté ici pour rendre hommage à mon vieil et bon ami Raymond, rencontré vers 1966 ou 1967 sur les bords de la Midouze et qui est un lecteur assidu de ce blog ampélosophiste. 

Cependant il reproche à ma prose d'être parfois un peu difficile à lire trop riche peut-être en allusions ou citations philosophiques qui font qu'il n'est pas toujours aisé de dégager la part de sérieux de la part d'humour, et les textes sont souvent trop longs à son goût. D'où sa préférence nettement marquée pour les illustrations. 

Il faut dire que Raymond, lui son truc c'est la fable. Il en écrit de charmantes qui aboutissent à une moralité édifiante pour la jeunesse, qu'il conserve dans des classeurs, et qu'il lit à ses petits enfants le soir à la veillée. 

Alors Raymond, aujourd'hui j'écris cet article rien que pour toi et à mon tour je t'envoie une fable d'Aristogènes qui je n'en doute pas va t'enchanter et amuser les petits. 

                               L' ÂNE ET LE BOUSIER

                          L'insecte aimé d'Aristophane,***
                          Le bousier, suivait un bel âne,
                          Qui broutait de jeunes chardons
                          Et trouvait ça vraiment très bon.

                          Le repas de l'âne est choquant !
                          Il mange des fleurs à piquants !
                          Vraiment cet animal est bête,
                          Pensait l'insecte levant la tête.

                          L'âne avait le ventre plein,
                          Il lâche alors sur le chemin
                          Une bouse molle et fumante,
                          Tendre à souhait, verdâtre et puante.

                           Ah ! Voila un repas de roi !
                           S'écrie le bousier avec joie.
                           De la merde il fait l'ascension,
                           Et commence la dégustation.

                           Chaque culture est respectable.
                           Ce qui pour l'un est délectable,
                           A l'autre apparaît répugnant.
                           Alors soyons donc tolérants.

                Qui n'aime pas les huîtres du Bassin d'Arcachon
               Est quand même estimable ... mais un peu cornichon !

T'as vu, on dirait du "La Fontaine"; la morale qui se glisse avec aisance et grâce comme un pet après l'introduction d'un suppositoire. Du grand art. Il est fort cet Aristogènes non ?

Allez, tant que nous sommes chez La Fontaine, je t'en fais encore une que tu liras aux petits enfants pour leur montrer qu'en toute circonstance il ne faut jamais être passif,  mais être  un "winner" dynamique et aller au devant du succès avec la foi d'un député UMP devant une assemblée de chômeurs fraîchement licenciés de sa circonscription. 
 
                                           LE MIEVRE ET LA TORDUE

Rien ne sert de rougir il faut partir à point.

Le mièvre et la tordue en sont un témoignage

Gageons dit celle-ci que vous ne mettrez point

Votre doigt dans mon cul, juste avant qu’au village

L’idiot de ce pays vous ait pris l’avantage.

 Mon doigt ? Êtes vous sage ?

Repartit le garçon inquiet ;

Ma commère il vous faut laver

- Car vous sentez le pâturage -

Avec un peu de patchouli,

Et je relève le défi.

Ainsi fut fait : et de tous deux

On mit près du but les enjeux :

 Un gros tube de vaseline,

Un petit gant en mousseline

Dont le majeur caoutchouté

Était en plus, bien lubrifié.

Notre mièvre n’avait qu’un petit geste à faire,

J’entend de ceux qu’ il fait lorsqu’ il lance la main

Au cul d’une donzelle passant sur son chemin,

Donc il reprend sa sieste pensif et solitaire,

Ayant dis-je du temps de reste pour glander,

Lâcher un petit vent,  et pour se reposer.

Il laisse imprudemment s’éloigner  la tordue,

Allant tordre des fesses ailleurs. au long des rues ;

Elle aguiche les promeneurs,

Certains en prennent des vapeurs,

Lui cependant méprise une telle victoire,

Foutre la main au cul d’une tordue sans gloire

Est bien moins excitant que de faire le beau

Au milieu des surfeurs, l’été à Lacanau.

A la fin quand il vit qu’elle était sur la place.

Juste devant l’église, près du gros dégueulasse,

Que tout le monde ici appelait « le fada »

Il s’élance, il bondit, il court et patatras!

Quand son majeur raidi parvient enfin au cul

La main du bon fada était déjà dessus.

Eh bien ! lui cria-t-elle, N’avais-je pas raison ?

Sur un coup comme ça, vous passez pour un con !

Et les joues du garçon devinrent toute rouges.

 

Faut-il donc un échec avant que tu te bouges ?


Allez, salut Raymond. J'arrête là, car il y a plus de cinquante fables d'Aristogènes, dont certaines un peu légères ( tu connais Aristogènes ) que tu aurais du mal à placer aux petits enfants.
Mais tu sais ce que c'est, les petits enfants ne restent pas éternellement petits et un jour ils découvrent l'ampélosophisme et plein d'autres choses encore.

J'arrête là avant que tu me dises que c'est trop long.

***Si tu ne sais pas pourquoi le bousier est un "insecte aimé d'Aristophane" tu peux toujours lire "LA PAIX" du grand poète comique grec, ... ou pas,    c'est toi qui voit.

aristogenes@aliceadsl.fr

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