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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 19:32

Le savetier et le cup cake.

Repas du soir.

On apporte au dessert des petits gâteaux maison.

Une convive experte en pâtisserie dit : "Ce sont des financiers"

Et moi, j'ajoute (Dieu sait pourquoi ?) "Comme le savetier et le ...?."

Silence autour de la table.

Alors j'insiste en montrant les gâteaux. "Comme le savetier et le ....?"

"Et le cup cake" dit une jeune femme.

Et là je me dis que j'ai encore raté une bonne occasion de me taire.

 

Mais comme le savetier, gardons notre bonne humeur.

Thélème.
Thélème.
Thélème.

Bon, ne nous énervons pas. Après la 172 893ème réforme de l'éducation nationale, tout ça va s'arranger.

Et puis, c'est normal que nous ne connaissions pas tous les mêmes choses. J'ai autour de moi pas mal de gens qui connaissent des centaines de joueurs de foot, le poste auquel ils jouent, leurs clubs, leurs anciens clubs, leur futurs clubs, ...mais si je leur parle d'Epicure ça leur évoque tout de suite une infirmière moustachue au regard noir qui va leur planter dans le cul et sans aucun ménagement, une seringue dont la pointe transpire déjà pire qu'une bite d'incontinent !

Remarquez que le plus difficile pour chacun d'entre nous, n'est pas vraiment de savoir quelque chose, mais de savoir que l'on ne sait pas.

Attend, je t'explique avec un exemple.

Il y a quelques jours je pense au tableau de Gustav Klimt, "Le Baiser".

Tout le monde connait (enfin jespère.  "Le Baiser" de Klimt est au moins aussi connu que les fables de La Fontaine !) ce tableau sur fond doré comme une icone byzantine, où un couple également vêtu d'or se roule une pelle sur un parterre de fleurs.

Vous y êtes, vous voyez bien ce couple qui s'embrasse. C'est clair dans votre esprit ?

Pourquoi ai-je pensé au "Baiser" de Klimt ? Je crois que je voulais dessiner Aristogènes en train d'embrasser une amie (proche), et j'avais besoin d'un modèle, car je n'arrivais pas à trouver la position des têtes des deux protagonistes.

Je cherche donc le célèbre tableau du peintre autrichien.

Et là: surprise. Les deux personnages se tiennent bien dans les bras (donc ils s'embrassent au sens étymologique) mais leurs bouches ne se touchent pas !!! Ils ne se roulent donc pas un patin ! Et pourtant j'étais sûr de savoir qu'ils se galochaient !

Tu ne me crois pas ? Je te mets la copie du tableau en fin d'article pour que tu puisses vérifier immédiatement.

Sans aller peut-être jusqu'au sceptiscisme pyrrhonien il faut bien reconnaître que les vieux sages Grecs qui nous mettent en garde contre nos certitudes méritent sûrement leur titre de ... "vieux sages".

N'y aurait-il donc pas de connaissance absolue, mais seulement des connaissances relatives ?

Thélème.

Alors si on n'arrive pas avoir de certitudes que fait-on ?

J'en sais rien moi !

Tentez peut-être une retraite dans une abbaye ?

Dans une abbaye ?

Pas n'importe laquelle bien sûr. L'abbaye de Thélème.

 

Abbaye de Thélème. Gargantua

Abbaye de Thélème. Gargantua

François Rabelais, Gargantua, l'Abbaye de Thélème ... vous y êtes ?


"En leur reigle n'estoit que ceste clause : FAY CE QUE VOULDRAS, parce que gens liberes, bien nez , bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par nature un instinct et aguillon, qui tousjours les poulse à faictz vertueux et retire de vice, lequel ilz nommoient honneur. Iceulx, quand par vile subjection et contraincte sont deprimez et asserviz detournent la noble affection, par laquelle à vertuz franchement tendoient, à deposer et enfraindre ce joug de servitude; car nous entreprenons tousjours choses defendues et convoitons ce que nous est denié. "

Mais je vois un lecteur là bas au fond (à moins que ce ne soit une lectrice ?) qui préférerait une version en français contemporain.

La voici donc.

"Toute leur vie était dirigée non par les lois, statuts ou règles, mais selon leur bon vouloir et libre-arbitre. Ils se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait. Nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire, ni à manger, ni à faire quoi que ce soit... Ainsi l'avait établi Gargantua. Toute leur règle tenait en cette clause : FAIS CE QUE VOUDRAS, car des gens libres, bien nés, biens instruits, vivant en honnête compagnie, ont par nature un instinct et un aiguillon qui pousse toujours vers la vertu et retire du vice; c'est ce qu'ils nommaient l'honneur. Ceux-ci, quand ils sont écrasés et asservis par une vile sujétion et contrainte, se détournent de la noble passion par laquelle ils tendaient librement à la vertu, afin de démettre et enfreindre ce joug de servitude; car nous entreprenons toujours les choses défendues et convoitons ce qui nous est dénié".

 

Et si on terminait là dessus ?

Ah oui, j'allais oublier "Le Baiser" de Klimt.

Thélème.

Allez-y, soyez pas timides, on regarde pas !

 

Correspondance:aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 11:00

On regarde, mais on ne touche pas !

L'idée m'est venue dans l'abbatiale de Fontevraud devant le gisant d'Aliénor d'Aquitaine.

La nef de l'abbatiale de Fontevraud. Au fond, les gisants des Platagenêt.

La nef de l'abbatiale de Fontevraud. Au fond, les gisants des Platagenêt.

Aliénor d'Aquitaine et Henri Plantagenêt

Aliénor d'Aquitaine et Henri Plantagenêt

Richard Coeur de Lion et Isabelle d'Angoulème (l'épouse de Jean sans Terre)

Richard Coeur de Lion et Isabelle d'Angoulème (l'épouse de Jean sans Terre)

La contemplation de ces quatre gisants, deux hommes et deux femmes, me fait soudain penser à Robert d'Arbrissel.

J'en vois certains qui se disent: "mais d'où Dominikos nous sort-il donc ce nouveau petit Robert ?"

C'est tout simplement que Robert d'Arbrissel  a fondé l'abbaye de Fontevraud en 1101, donc penser à lui en ce lieu n'a rien d'extraordinaire, non ?

Quelques détails:  Robert d'Arbrissel (né vers 1045 ... 1047...1055 ... - bref on n'en sait rien -  et mort vers 1117), était un moine ermite, fils de prêtre (il y avait encore pas mal de prêtres mariés ou vivant en couple au XIème siècle) pratiquant un ascétisme tout à fait particulier puisqu'il  prônait la pratique du synéisaktisme.

Là un petit dessin s'impose.

Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme

Le synéisaktisme est une pratique ascétique qui consiste à vivre en cohabitation avec une personne de sexe opposé sans jamais avoir de relations charnelles et dont les origines remontent aux premiers siècles du christianisme.

Bien qu'ermite, donc solitaire, son influence fut telle qu'il se trouva bientôt suivi par une troupe d'anachorètes qui se groupèrent autour de lui en une communauté de cénobites. (Vous conviendrez sans doute que former une communauté d'anachorètes cénobites, ça relève tout à fait de l'oxymore !!!)

Les disciples s'organisèrent autour de Robert en appliquant les principes du synéisaktisme, donc communautés d'hommes et de femmes qui vivaient côte à côte sans pour autant organiser des mâtines polissonnes ou des vêpres crapuleuses.  D'ailleurs le monastère des hommes était séparé du monastère des femmes. Faudrait quand même pas aller trop loin dans la tentation  !!! Suivant la volonté du fondateur, c'est une femme qui dirige l'ensemble monastique ce qui a fait considérer par certains Robert d'Arbrissel, comme un des précurseurs du féminisme, ... mais là je trouve qu'ils poussent peut-être le goupillon un peu loin.

Robert d'Arbrissel était en son temps considéré comme un saint par la plupart de ses proches, mais ses pratiques jugées par l'Eglise parfois "peu orthodoxes" lui on fait rater la canonisation. Il a quand même eu un lot de consolation: le titre de "Bienheureux".

Mais mon but n'est pas vraiment de vous parler de Robert d'Arbrissel. Ces quelques lignes servent seulement à mieux comprendre la suite de ma pensée.

En fait, ma réfexion devant le gisant d'Alénor était: Notre société ne serait elle pas devenue complètement synéisaktiste?

En effet, nous sommes en permanence soumis à la tentation, mais si nous n'y succombons pas c'est généralement beaucoup plus à cause du manque de moyens d'y succomber que le résultat d'un  effort sur nous même, car nous ne sommes pas tous, riches, beaux, jeunes, intelligents et sportifs. (Là, je ne parle pas pour moi qui ai été particulièrement gâté par la nature !*)

Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme
Syneisaktisme

Nous sommes donc tentés en permanence, mais en même temps mis dans l'impossibilité de succomber à la tentation. Une société ainsi organisée ne court elle pas à sa perte ? Ne risque t-elle pas  à tout moment, l'explosion, la révolte des catégories populaires les plus tenues à l'écart des objets présentés à la tentation, la révolution ?

Pas du tout ! Les dirigeants de nos sociétés contemporaines ont peut-être parfois des orientations morales discutables, mais ce ne sont pas des imbéciles. Ils ont trouvé la parade à la révolte populaire. Ils ont créé des espaces de rêve pour ceux qui ne sont pas obligatoirement riches, pas forcément beaux, pas nécessairement jeunes et seulement sportifs de gradins. Oh, ils n'ont pas eu beaucoup de peine à la trouver car elle existe depuis plus de 2000 ans !

Le latin du peuple romain était moins pur que celui de Cicéron.

Le latin du peuple romain était moins pur que celui de Cicéron.

Celui-ci il est tout neuf.

Celui-ci il est tout neuf.

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

* Oui, je sais, c'est très injuste.

(Cet article était juste ma façon de fêter l'inauguration du nouveau stade de Bordeaux.)

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Dominikos
29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 18:04

Cul et culture.

 

"C'est là que je voudrais des éclaircissements. Vos livres ne sont pas obscurs, mais le mode de lecture en est caché. Vous tracez un chemin, vous allez partout, dans les sciences, dans les mythes, dans la littérature, mais en même temps vous effacez souvent les traces qui mènent à vos résultats." ...

 Bruno Latour s'adresse en ces termes à Michel Serres au début de l'ouvrage publié en 1992 "Eclaircissements" qui suivait "Le Tiers Instruit" publié l'année précédente.

"Pilloter" les fleurs.

Mais que vient faire ce dessin stupide du rat Bakounine et de cette brave tortue dans un article qui commence sur une citation tirée d'un livre de Michel Serres dont la tête aussi bien faite que bien pleine aurait fait au XVIème siècle, sans aucun doute, un ami intime de Montaigne ?

 Michel Serres a publié "Eclaircissements" suite à des remarques qui lui avaient été faites sur son style littéraire. La critique portait sur le fait que sa parole était limpide dans ses interventions orales à la radio ou à la télévision, mais que par contre, ses textes écrits étaient d'une telle densité, croisant parfois plusieurs savoirs, qu'ils étaient d'un abord assez difficile et quelquefois même, obscurs.  

 

Curieusement, je reçois de temps en temps, à peu près les mêmes critiques, ce qui me flatte énormémént et me fait penser avec fierté que je suis le Michel Serres du bistrot !

Par bonheur, mon philosophe Aristogènes est régulièrement sauvé par la présence à ses côtés du rat Bakounine, qui ramène les lecteurs égarés sur les chemins biens balisés de la pensée commune et de la franche rigolade gauloise toujours en vigueur dans les vestiaires sportifs masculins (je n'ai jamais fréquenté les vestiaires féminins, donc je n'ai pas d'avis sur le genre d'humour qui y est pratiqué).

"Pilloter" les fleurs.

Il  est vrai que mes textes passent parfois d'un sujet à un autre, d'une remarque politique à une pensée économique, d'une citation philosophique à une histoire de cul, sans transition, et cela pour deux raisons me semble-til.

D'une part, parceque mon but est d'abord de m'amuser et d'amuser le lecteur. J'ai tellement peu de certitudes sur tous le sujets de société, qu'il me serait bien difficile de prétendre à un objectif pédagogique.

"...depuis le lycée, j'ai toujours été réticent aux théories qui mènent au pouvoir, qu'elles soient politiques ou scientifiques. Je suis angoissé par ceux qui se soumettent à leurs certitudes, je les crois capables de tout, du pire évidement, comme les camps d'extermination, les lobotomies ou l'exclusion sociale."  Boris Cyrulnik - Les âmes bléssées - 2014.

Quand je lis ces lignes, je me sens moins seul.

"Pilloter" les fleurs.

D'autre part, parce qu'il me semble vraiment que depuis l'école nous sommes formés à avoir une pensée cloisonnée. Maths, Français, Arts plastiques, Histoire, Géo, Musique, Sciences physiques, Biologie, Education Physique ...  En réalité, ces "matières scolaires" n'ont-elles pas en commun de faire partie d'un savoir de l'humanité lentement élaboré au cours des siècles passés ?

J'ai toujours été sensible à l'image donnée par Montaigne d'un savoir constitué par de multiples emprunts comme "les abeilles pillottent deça delà les fleurs, mais elles en font après le miel qui est tout leur".

Dès le début du Moyen Age, les "Arts libéraux" divisés en "Trivium" et "Quadrivium" regroupaient plusieurs disciplines:

Le trivium (= triple voie) : grammaire, réthorique , dialectique.

Le quadrivium (= quadruple voie): arithmétique, musique, astronomie, géométrie.

Mais il est vrai que cet enseignement n'avait rien d'un enseignement de masse, comme le notre qui a pour but de former des individus adaptables au système économique qui organise aujourd'hui nos sociétés, et pas des emmerdeurs à l'esprit critique trop développé toujours prêts à contester l'organisation sociale, le système politique, l'économie, et pourquoi pas la religion tant qu'on y est comme ce gros dégueulasse d'Aristophane dont les pièces de théâtre (au Vème siècle av JC) étaient truffées de scènes de sexe et même de scatologie !

Rappelons que les philosophes antiques s'intéressaient à l'ensemble des savoirs et pas uniquement à ce que nous nommons aujourd'hui "philosophie"

 

 

Rose des Arts libéraux  de la cathédrale de Laon. (Image Wikipédia)

Rose des Arts libéraux de la cathédrale de Laon. (Image Wikipédia)

Mon goût pour l'éclectisme vient de m'entraîner vers l'exploration d'un domaine artistique, celui de la peinture, et d'abord celui de la critique car il m'a semblé que j'étais, à l'instar de nombre de mes contemporains, plus doué pour critiquer que pour créer moi même. Cette idée me vint il y a quelques jours en visitant à Cagnes-sur-Mer le domaine des Collettes où est mort le peintre Auguste Renoir en 1919.

Atelier de Renoir

Atelier de Renoir

Autre chevalet et fauteuil de Renoir

Autre chevalet et fauteuil de Renoir

Soudain je remarque sur le chevalet des taches de peintures laissées par Renoir.

 

"Pilloter" les fleurs.

Une question surgit. "Les taches de peintures de Renoir sont elles aussi un Renoir ?"

Comme je devais me rendre ensuite à Saint-Paul-de-Vence,  et que la circulation dans la région est assez merdique, j'ai laissé la question de côté.

 

Autre aventure:

Je visite une exposition ayant pour titre " Les ardoises de Sophie"

http://stephane-loisel.wix.com/-ardoises-sophie

Il s'agit de proposer des oeuvres ayant pour support des ardoises d'écolier (ancêtres préhistoriques de la tablette numérique). Le projet est ouvert à tous même aux débutants.

C'est pour moi ! Je vais participer !

Je compose une oeuvre: La cathédrale de Beauvais. Et puis ce foutu doute qui me prend.

 

"Pilloter" les fleurs.

Ne croyez surtout pas que la vie est facile quand on n'a pas de certitude !

Vous connaissez Tomi Ungerer ? Si vous ne le connaissez pas dépêchez-vous, il est né en 1931.

Vous pouvez aussi vous procurer ce petit livre qui vient d'être publié sur une série de ses dessins.

Le rat Bakoubnne a beaucoup aimé.

"Pilloter" les fleurs.

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 11:20

Pensées catholiques

Le titre général est bien "Les baisers, comptez-vous" et non "Les baisés, comptez-vous".

Tout va bien.

Je viens de constater au cours de la semaine passée sur la côte méditerranéenne dans la région de Nice que la mer était toujours d'un bleu d'azur et donc que la Côte d'Azur n'avait pas usurpé son nom. Pas le moindre cadavre d'émigré ne flottait à l'horizon, pas la moindre crotte de chien sur la Promenade des Anglais ou sur le port de Monaco. L'été s'annonce donc sous les meilleurs auspices.

Nice

Nice

Nice

Nice

Monaco

Monaco

Et puis bien sûr, devant l'étalement de tout ce luxe, je me suis mis à penser que de l'autre côté de cette Méditerranée il y avait pendant que je flânais au soleil azuréen, des centaines de pauvres gens entassés dans des rafiots, sortes d'épaves en sursis, victimes des guerres, du terrorisme, de passeurs inhumains ou d'autres misères, qui avaient tels les pauvres andalous du XVIème siècle un rêve d'Eldorado qui pour eux s'appelle l'Europe, et qui étaient prêts à risquer leur vie pour l'atteindre. Je comprends que s'ils on vu de l'Europe, les photos de la promenade des Anglais ou de Monaco, ils croient que le nord de la Méditerranée est l'Eldorado.

Ils se noient par centaines depuis des années (on fait semblant de découvrir le phénomène depuis quelques jours à cause de naufrages plus spectaculaires que la moyenne) mais le flux ne se tarit pas, bien au contraire.

Alors nous, peuples d'Europe, qui mettions en avant au XIXème siècle notre "mission civilisatrice" vis à vis du reste du monde, que faisons nous devant ce drame humain ?

C'est sûrement ce sentiment profond que j'ai d'être catholique qui  ramène toujours ma pensée vers l'ensemble de l'humanité et particulièrement vers sa partie souffrante.

 

Les baisers, comptez-vous.
Les baisers, comptez-vous.
Les baisers, comptez-vous.

Quand je dis que je suis catholique ça veut dire simplement que je me sens appartenir à l'assemblée (en grec "ecclesia" = "Eglise" en français) universelle (catholique) des humains.

Ne bouge pas je vais chercher mon dictionnaire pour t'expliquer plus clairement.

 

Les baisers, comptez-vous.

On sent bien que ce dico a servi. Mais il tient le coup. Il est aussi inusable que la bêtise humaine.

 

Les baisers, comptez-vous.

Là, je sens que c'est clair.

J'en étais donc à songer tristement aux malheureux naufragés en Méditerrannée, quand la lumière de l'espoir vint ranimer ma foi dans l'humanité. Sur le port d'Antibes, de magnifiques bateaux équipés spécialement pour le sauvetage des embarcations en péril, étaient accostés prêts au départ pour leur mission humanitaire.

 

Yacht privé sur le port d'Antibes

Yacht privé sur le port d'Antibes

Yachts de luxe, avec ouverture sur les flancs permettant la mise à l'eau (en moins de temps qu'il n'en faut à un dauphin pour perpétuer son espèce), depuis une cale servant de garage à bateaux, de vedettes rapides et d'une armada de jet skis fort utiles pour porter secours en urgence aux naufragés tombés à la mer.  

Quelques instants plus tard un marin pêcheur qui passait par là m'a expliqué que ces somptueuses embarcations n'étaient simplement que des navires de plaisance  qui servaient de jouets de luxe à leurs riches propriétaires.

Démoralisé, j'ai quitté le port et je suis allé manger une "socca" chez Jules (8 rue Thuret - Antibes - pub gratuite) en pensant que les propriétaires de ces palaces flottant se disaient peut-être eux aussi catholiques ?

Nous ne devons pas être catholiques de la même façon !

 

Pour terminer sur une note joyeuse, une petite lecture sur le baiser, moins catholique qu'il pourrait le sembler à première vue puisque d'après l'auteur cette pratique ne serait pas absolument universelle.

Les baisers, comptez-vous.
Les baisers, comptez-vous.

Bises à tous.

 

Correspondance : aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 09:50

L'affaire du gueux.

Merci à Montaigne qui m'a aimablement prêté "De l'exercitation" et merci à J.H. Rosny aîné sans qui je n'aurais sûrement pas donné "L'affaire du gueux" comme titre à cet article.

 

De l'exercitation

"Il est malaisé que le discours (le raisonnement) et l'instruction, encore que notre créance (notre croyance) s'y applique volontiers, soient assez puissants pour nous acheminer jusqu'à l'action, si outre cela nous n'exerçons et formons notre âme (notre esprit) par expérience, au train duquel nous la voulons ranger: autrement, quand elle sera au propre des effets (des actions) elle s'y trouvera sans doute empêchée."  Montaigne, Livre II Chapitre VI, DE L'EXERCITATION.

T'en fais pas je te traduis si t'as du mal à suivre. Montaigne nous dit simplement que t'as beau te mettre le cerveau au court-bouillon à cogiter comme un intello sur un problème de la vie, si tu ne t'es pas entrainé (exercisé) avant par des expériences concrètes, le jour où t'es vraiment en face du problème tu l'as dans le cul !

Ah, ça y est,  je vois que là tu commences à comprendre !

Je reprends donc le texte du brave Michau (c'est le nom que lui donnait son père quand il était gamin) quelques lignes plus loin.

"Mais à mourir, qui est la plus grande besogne que nous ayons à faire, l'exercitation ne nous y peut aider."

Autrement dit, on ne peut pas s'exercer à mourir, car une fois qu'on a fait l'expérience de la mort, même si on s'appelle Jésus, on a peu de chances de revenir en vie pour pouvoir profiter de cette expérience !  Alors quand on s'appelle Michel Montaigne, Dominikos ou Aristogènes .... c'est même pas la peine d'y penser.

Résumons l'idée par un petit dessin.

De l'exercitation
De l'exercitation
De l'exercitation

Les évènements récents, attentats, crashs (ou crashes, les deux sont corrects) d'avions, massacres divers, ne sont sûrement pas étrangers au souvenir qui m'est revenu du chapitre "DE L'EXERCITATION" des Essais de Montaigne.

Aussi loin que remonte ma mémoire il me semble que je me suis toujours posé la question "comment fonctionne donc l'esprit des gens qui commettent des crimes, des attentats, des massacres ? Ne se rendent-ils pas compte que quoi qu'ils fassent, dans quelques années, naturellement, ni eux ni leurs victimes ne seront plus là ? Alors pourquoi accélérer ce qui va inéluctablement arriver un jour ? "

Je crois que je suis une sorte de "mendiant du savoir" qui tend la main à tous les philosophes passés et présents dans l'espoir d'un morceau de réponse. Bref, je suis un gueux et la mendicité est mon affaire. (Ouf ! Vous avez vu comment je suis arrivé à caser ce con de titre dans mon texte ?)

Montaigne (1533 - 1592) vit le temps des guerres de religion qui auraient fait environ 2 millions de victimes en France, soit 10% de la population de l'époque, beaucoup mortes, outre les victimes des massacres, à cause des famines et épidémies dues aux guerres. (et pourtant à l'époque on n'avait pas encore inventé la "Kalachnikov", alors on massacrait de manière artisanale! Que du "fait main" !). Que propose-t-il pour tenter de vivre le moins mal possible dans un monde parfois un peu fou ?

Le secours de la religion ?  Bof, s'il reste catholique au milieu de la tourmente, il n'en affiche pas moins un scepticisme pyrrhonien qui hérisse le poil de Pascal, le siècle suivant. (Sa devise était "Que-sais-je ?")

Alors en fait il opterait plutôt pour la même solution que Bakounine (pas le philosophe et théoricien anarchiste Russe, mais le rat d'égout compagnon d'Aristogènes)

 

 

De l'exercitation
De l'exercitation
De l'exercitation

Bon, voilà un article qui se termine mieux qu'il avait commencé.

On arrête là ?

D'accord.

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

Pendant deux ou trois semaines il n'y aura pas de nouvel article (voyage au pays de Mistral). Si vous êtes en manque vous avez les 279 articles précédents déjà mis en ligne sur ce blog ! Alors bonne lecture...mais attention à l'overdose !

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Dominikos
25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 16:30

L'Utopie.

Petite confidence. Jusqu'à la semaine dernière je n'avais jamais lu un petit bouquin que je connais pourtant depuis ... et même peut-être encore avant ! "L'Utopie" de Thomas More.

Tu n'as jamais lu le texte intégral toi non plus ?

2 Euros ! même pas le prix d'un tiers de paquet de clopes !

More and more

Ah bon, tu l'avais lu ? Je me disais bien aussi, que tu devais être moins ignare que moi qui jusque là ne m'étais contenté que d'extraits ou de textes qui évoquent l'oeuvre de Thomas More qui a inspiré entre autres Saint Simon,  Fourier, Marx, Proudhon ou encore Jean-Baptiste Godin (le mec au poêle).

La monarchie britannique, la société anglaise du XVIème siècle, la noblesse, la justice,  la société européenne, ... en prennent pour leur grade ! Pour moi j'y ai trouvé la violence des critiques d'Aristophane sans l'humour scatologique et les histoires de cul qui émaillent les comédies du poète athènien du Vème siècle AV JC.

Quelques extraits ?

a) Tirés du Livre premier.

A l'adresse du roi:

"Et de fait, nager dans les délices, se gorger de voluptés au milieu des douleurs et des gémissements d'un peuple, ce n'est pas garder un royaume, c'est garder une prison."

A l'adresse de ceux qui gouvernent:

"Le médecin qui ne sait guerir les maladies de ses clients qu'en leur donnant des maladies plus graves, passe pour un ignare et un imbécile; avouez donc, ô vous qui ne savez gouverner qu'en enlevant aux citoyens la subsistance et les commodités de la vie, avouez que vous êtes indignes et incapables de commander à des hommes libres."

b) Tirés du livre second qui décrit la vie dans la république d'Utopie ("Utopie" est un nom fabriqué à partir du grec "ou" et "topos" = le pays de nulle part)  

"L"homme sage prévient le mal plutôt que d'employer des remèdes" (on est en plein dans l'épicurisme bien compris)

Les utopiens ne possèdent pas d'argent. Tout appartient à tout le monde (ça me rappelle encore "L'Assemblée des Femmes" d'Aristophane)

Ils sont habillés simplement et se moquent des gens qui "estiment leur habit au dessus de peur propre personne" et qui "exigent, en raison de la riche élégance de leur vêtement, des honneurs qu'ils n'oseraient espérer avec une mise simple"

A quelques passages près par exemple sur le servage ou l'inégalité hommes - femmes, très connotés XVIème siècle, ce livre aurait en grande partie sans doute, pu être écrit de nos jours.

Bon, je ne vais quand même pas vous recopier un petit bouquin à 2 Euros !

 

Juste un petit dessin pour faire transition mais ce sera le seul.

More and more

L'actualité ainsi que le contexte politique et social du moment ne me donnant pas vraiment envie de dessiner, je me suis dit que j'allais plutôt vous livrer une petite fable d'Aristogènes. Il y en a eu plusieurs dans les premiers articles parus en 2007 à l'époque  où il n'y avait que quelques dizaines de lecteurs.

L'idée d'écrire cette aimable plaisanterie m'est venue suite à la lecture d'une fable qui circule en ce moment sur Internet et qui est bien entendu attribuée à La Fontaine. Mais dès les premiers vers les propos haineux, racistes et xénophes qui s'en dégagent montrent à l'évidence (enfin peut-être pas "à l'évidence" pour tout le monde ?) qu'elle n'est pas du poète de Château-Thierry !

 

Tour de cochon

 

Dans une ferme Berrichonne

Un dindon,

Le gentil Léon,

Admirait une truie cochonne.

 

Une belle truie de Bretagne

Dodue et pleine d’assurance

Avec en plus de la prestance,

Parlant avec aplomb et hargne.

 

Le dindon souvent est affable,

C’est un bien brave volatile

Parfois quelque peu imbécile,

Prêt à gober la moindre fable.

 

Mais la truie est une enjôleuse.

Par maint discours et persuasions

Elle entraîna le bon Léon

Dans une aventure hasardeuse.

 

Comme elle détestait les moutons,

Elle fit croire au naïf dindon

Au cerveau en hibernation

Que les ovins sont des gloutons.

 

"Ils bouffent tout, ils puent, ils pètent,

Et sans parler de leur haleine,

Qui schlingue encore plus que leur laine.

Et puis ils n'en font qu'à leur tête !"


"Il faut chasser ces sales bêtes !

Ainsi dans notre basse-cour

Le bonheur en très peu de jours

Reviendra. Ce sera la fête !"

 

Le dindon suivit la cochonne,

Il en fut même le héraut

Et transmit à tous les nigauds

Les idées de sa truie mignonne.

 

C’est ainsi qu’une nuit pendant que la fermière

Se faisait prendre avec une ardeur cavalière

Les dindes et dindons se faufilent sans bruit

Et ouvrent doucement la grande bergerie.

En quelques gloussements ils évacuent les bêtes

Qui prennent dans les champs la poudre d’escampette.

Si bien que le matin quand revint le patron,

Il n’y avait dans la ferme plus le moindre mouton.

Et la truie triomphait devant la basse-cour

Tous les dindons du lieu venaient faire leur cour.

La fermière, un temps, en fut très affligée,

Puis elle se ressaisit, se mit à gamberger,

Noël n’étant pas loin, elle tua les cochons

Et en fit des pâtés et de bons saucissons

Et puis ce fut le tour des dindes et dindons

Qui firent les délices de nombreux réveillons.

 

Moralité :

 

Méfiez-vous des beaux discours

En politique ou en amour,

Car ceux qui briguent vos suffrages

Ne sont pas toujours les plus sages.


 

Allez, même si tout n'est pas parfait dans la république d'Utopie, je pense comme l'auteur que le utopiens ont une foule de choses que j'aimerais bien voir établies chez nous. Ne serait-ce déjà que la tolérance, le respect d'autrui, un peu de scepticisme dans la réflexion de chacun ...

Mais comme l'écrit Thomas More en dernière phrase de son livre:

"Je le souhaite plus que je ne l'espère."

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

Vous savez sans doute que Thomas More a été condamné à mort et décapité à la hache en 1535 sur ordre du roi Henri VIII dont il était devenu le conseiller avec le titre de "Chancelier du Royaume".

Qui a dit que "Les conseilleurs ne sont pas les payeurs" ?

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Dominikos
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 16:42

Résister à la sottise.

Ben quoi ? J'ai bien le droit d'écrire "sottise" et pas "connerie" non ?

Bien que ...


https://www.youtube.com/watch?v=ajZWze5hq4g

Le portique ou le jardin ?

Il y a quelques jours j'étais sur le point de mettre fin à ce blog.

Anéanti une nouvelle fois par le flot de bêtises qui jaillissent des médias, mélangeant avant de les évacuer, les sujets proposés à la réflexion populaire  dans un tourbillon nauséabond qui n'est pas sans m'évoquer les résidus d'une gastro happés par la chasse d'eau d'une cuvette de chiottes.

Tu vois ce que je veux dire ?

Français ! Citoyens ! Réfléchissez ! Donnez votre avis !

- Est-il opportun que Franck Ribéry prenne la nationalité allemande ?

- La dernière chanson de Goldman est-elle une provocation ? (C'est curieux, mais dans le contexte politique économique et social actuel, ce n'est pas une chanson de variétés que m'évoque immédiatement le mot "provocation". En 1971 Léo Ferré débutait sa chanson "Le conditionnel de variété" par cet avertissement parlé: "Je ne suis qu'un artiste de variétés et ne peut rien dire qui ne puisse être dit "de variétés" car on pourrait me reprocher de parler de choses qui ne me regardent pas". A prendre au second degré dans la bouche de Léo.)

- François Hollande a-t-il eu raison d'après vous d'emmener avec lui Marion Cottillard en voyage officiel aux Philippines ?

Est-il vraiment utile à quelqu'un que je continue de tenter (avec humour si possible) d' évoquer pour quelques centaines de lecteurs (1) les grand problèmes du monde, relatifs à l'économie mondialisée, la dégradation de la planète, le creusement des inégalités sociales, la tolérance, le "vivre ensemble" dans le village planétaire ... en essayant d'appuyer la réflexion sur la pensée de quelques philosophes des siècles passés ou contemporains?

Tout ça n'a aucun intétrêt. La bétise a déjà gagné.

Et puis je découvre un petit bouquin du philosophe Lucien Jerphagnon (1921 - 2011).

 

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Suite à cette lecture vivifiante, me revint en mémoire l'histoire du vieux Yacoub, lue il y a bien lontemps dans un recueil de contes d'Henri Gougaud.

Résumé d'après le souvenir que j'en ai.

Yacoub était un vieux tailleur juif de Prague dont toute la famille avait disparu pendant la guerre. Pourtant, lui qui avait tant souffert adorait la vie et se désespérait de voir autour de lui le monde si violent et les gens si insensibles. Alors un jour, cet homme dont le coeur était plein d'espoir et la tête pleine de rêves, décida chaque soir au cours de sa promenade dans les rues de Prague de s'arrêter sur un banc et de raconter des contes aux passants afin peut être de leur communiquer un peu de son humanité, de son espoir, et ainsi peu à peu de changer le monde.

Soir après soir, le nombre des auditeurs augmentait et les gens écoutaient émerveillés et souriants les paroles du vieux Yacoub.

Mais l'hiver arrivant le nombre des auditeurs se mit à diminuer jusqu'à ce qu'il se retrouve seul sur son banc. Alors, il ferma les yeux et continua à raconter des histoires. Et cela dura  plusieurs jours.

C'est ainsi qu'un soir de neige,  un jeune garçon qui passait devant le banc s'arrête, regarde Yacoub, écoute quelques instants, prend pitié du vieux fou et lui dit:

- Ne sais-tu pas que personne n'écoute ton histoire ?

- Je sais répond Yacoub

- Mais alors pourquoi la racontes-tu ?

- Oh, au début quand j'ai commencé à raconter des histoires, je pensais que grâce à elles j'allais arriver à changer le monde.

- Et tu l'as changé ? dit le gamin en riant .

- Non.

- Alors pourquoi est-ce que tu continues ?

- Maintenant si je continue, c'est pour que le monde ne me change pas.

Suivant l'exemple de Yacoub, je me suis donc mis à un nouvel article.

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Abordons donc notre sujet avec méthode.

1 - Qu'est-ce qu'un sot ?

Il est fréquent de constater que l'on est toujours sot aux yeux de quelqu'un. Je trouve personnellement une certaine volupté à passer pour un sot aux yeux d'un con.

Existe-t-il des critères objectifs de jugement ? Depuis la fin du XIXème siècle de nombreux psychologues ont cherché à mesurer l'intelligence. En 1912 le psychologue  Allemand  Wilhelm Stern invente le terme "Quotient intellectuel" (Q.I.). Depuis, la recherche continue. Elle avait commencé il y a bien longtemps.

Epictète, philosophe stoïcien  (50 - 125 env) écrit: "Est-ce seulement d'après l'apparence qu'on juge un être ? Alors dis que ce morceau de cire est une pomme; encore faut-il qu'elle en ait en plus l'odeur et le goût. Pour faire un homme non plus, le nez et les yeux ne suffisent pas s'il n'a point de pensées humaines. En voici un qui n'entend pas raison et ne comprend pas les critiques; c'est un âne. En celui là, toute conscience est morte; c'est tout plutôt qu'un homme."

Plus directe est la définition de Démétrios le Cynique, philosophe Grec qui vécut à Rome (avant de s'en faire virer !) sous les règnes de Néron et de Vespasien.

"Les sots, qu'ils parlent ou qu'ils pètent, celà se vaut."

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

2 - Comment atteindre l'ataraxie (état de tranquillité de l'âme, d'absence de trouble) qui serait pour de nombreux philosophes,  le principe même du bonheur, (eudémonia), quand on vit dans un monde où la sottise gagne du terrain?

a) En suivant les philosophes de l'école du Portique ?

Au Vème siècle av. J.C. Zénon enseignait sur l'Agora d'Athènes sous un portique ("STOA" en grec, d'où le nom que l'on a donné à son école et à ses diciples: "Stoïciens").

 

 

 

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Mais les stoïciens sont peut-être un peu trop,... comment dire,...stoïques pour mon caractère gascon ?

 

b) En suivant les philosophes de l'école du Jardin ?

Epicure (342 - 270 Av J.C.) enseignait dans un petit jardin d'Athènes, d'où le nom "école du Jardin" donnée aux philosophes épicuriens.

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Conclusion: je me sens un peu enlisé dans un monde dans lequel la crétinisation augmente.

Mais je sais aussi que mes sensations ne sont que des sensations et ne correspondent peut-être pas à la réalité.

Que dit Lucien Jerphagnon en conclusion de son petit livre sur la sottise ?

"Tout le monde semble d'accord, et depuis toujours, pour estimer dire et répéter que les sots sont la majorité. Telle serait on l'a vu l'opinion commune. Mais ce qui fait souci, c'est justement la piètre opinion que l'on a ...de l'opinion. Cela ressort clairement de l'avertissement unanime et séculaire: gardez-vous de l'opinion, car il y a bien des chances qu'elle soit fausse. L'opinion apparaît même, sinon comme le point oméga de la sottise, du moins comme le refuge des gens incapables de "penser par eux-mêmes" , comme on se plait à le dire sans trop approfondir."

Je vous renverrais bien à ce sujet à un passage célèbre du "Criton" de Platon, mais je crains que ça fasse un peu long, un peu compliqué et que vous finissiez par me traiter de con.

C'est déjà fait ?

Bon, alors j'arrête là.

 

 

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

(1) 5706 visites sur ce blog en janvier et 4363 en février. Au début j'écrivais ces petites chroniques pour une cinquantaine d'amis. Maintenant je ne sais plus vraiment pour qui j'écris mais j'imagine que c'est toujours pour des amis ? Je n'ai pas encore reçu de courrier d'insultes. Mais tous les espoirs me sont permis !

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

 

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Dominikos
25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 06:59

... de la Méduse ?

Je n'ai pas envie d'écrire. Je pense que vous comprendrez pourquoi en regardant mon dessin.

Radeau...

C'est assez explicite non ?

Pardon ? Qu'est-ce que tu dis ? Mon dessin est muet ?

D'accord, je te mets le son.

Radeau...

Moi, j'aime mieux la première version, elle laisse un espace de rêve au lecteur qui peut créer lui même les réflexions des personnages.

Oui, je sais bien que tu as l'habitude de bouffer du prédigéré, alors le moindre effort de mastication te nique les mandibules du cerveau !

Remarque qu'en même temps, le fait de mettre une fois l'image sans texte, puis une autre fois avec les bulles me permet d'utiliser deux fois le même dessin.

Avec le temps que ça m'a pris pour le faire, ça me permet de rentabiliser le travail ! C'est bien la première fois que je mets un peu plus d'une heure à faire un dessin. Tu vas voir que si ça continue à ce rythme je vais finir par travailler le dimanche !

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

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Dominikos
19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 07:00

... ou du Rire au Gai Savoir.

 

Après avoir évoqué "Le Rire" de Bergson, et pour rester dans la franche rigolade et la joyeuseté philosophique, j'ai pensé qu'un passage par "Le Gai Savoir" de Friedrich Nietzsche (1844 - 1900) était incontournable.  

De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...

Bon, ça va pas être facile ! Mais ne nous laissons pas décourager. Comment aborder "Le Gai Savoir" ?

Et d'abord, d'où vient ce titre ? Nietzsche était-il un incurable adepte de la poilade, de la déconnante, de la blague, du coussin péteur ? Quand on connaît un peu la vie du philosophe (surtout la fin de sa vie), on sait qu'il avait des charançons dans la toiture. L'anecdote du 3 janvier 1889 à Turin où il enlasse en pleurs et en pleine rue un cheval qui était fouetté par son cocher, est significative de l'état mental du pauvre Friedrich à partir de cette date. Mais "Le Gai Savoir" a été publié quelques années plus tôt en 1882.

 

De Bergson à Nietzsche...

"Le Gai Savoir" est en fait la traduction en français du titre allemand "Die fröhliche Wissenschaft" (là, ça calme hein ?) qui est lui même la traduction d'une formule occitane, "la Gaya Scienza" qui désigne en langue provençale l'art de composer les poésies lyriques des troubadours du Moyen Age. La traduction française du titre est-elle fidèle à l'idée que voulait faire passer Nietzsche ? Les spécialistes s'interrogent.

Pour être clair, je dois bien dire que si vous voulez rigoler un peu il vaut mieux lire "Va te marrer chez les Grecs" que "Le Gai Savoir"

Juste une petite blague, de mémoire: C'est un intellectuel, un chauve et un coiffeur qui font un trekking. Un soir ils campent dans un endroit désert et décident de veiller à tour de rôle sur leurs affaires. C'est le coiffeur qui prend la première veille et, pour s'amuser, il rase la tête de  l'intellectuel pendant son sommeil; puis il le réveille, une fois son quart terminé. L'intellectuel, en se réveillant, se gratte la tête et s'aperçoit qu'il n'a plus un cheveu. "Ah! s'écrie-t-il, ce con de coiffeur s'est gouré: au lieu de me réveiller, il a réveillé le chauve !"

 

Je sais, c'est absurde, mais ça me fait rire !

De Bergson à Nietzsche...

Cependant, "Le Gai Savoir" est une mine de réflexions sur la morale, la vie, la société, la religion, la connaissance ...

Je ressens souvent une étrange proximité avec l'auteur à la lecture de ses aphorismes.

Exemples:

52 - Ce qu'autrui sait de nous - (...) On vient plus facilement à bout de sa mauvaise conscience que de sa mauvaise réputation.

130 - Une décision dangereuse. - La décision chrétienne de trouver le monde laid et mauvais à rendu le monde laid et mauvais.

C'est peut-être pour ça qu'il s'est mis à câliner les chevaux !!! ?

173 -  Être profond et paraître profond. - Qui se sait profond s'efforce d'être clair; qui aimerait passer pour profond aux yeux de la foule, s'efforce d'être obscur. Car la foule tient pour profond, tout ce dont elle ne peut voir le fond: elle est si peureuse et si réticente à entrer dans l'eau...

334 - On doit apprendre à aimer. - C'est un peu long, (27 lignes) mais vous pouvez aller le découvrir vous même.

On trouve à chaque page de cet étrange ouvrage (étrange par la forme. Nietzsche y inclus même des poèmes) des éclairs de pensée qui nous rendent ce bon Friedrich si contemporain.

"La véritable vertu est aujourd'hui de faire quelque chose en moins de temps qu'autrui." 

Je pourrais encore citer ces passages où il explique que chercher à connaître est se mettre en état d'insécurité, ce qui explique sûrement pourquoi nous avons tant de mal à remettre en question nos certitudes pour aller vers une connaissance plus profonde.

 

Depuis quelques semaines on nous rebat les oreilles avec la dispariton des valeurs. Je pense que notre société a toujours  des valeurs, c'est juste qu'elles ont changé. Les valeurs actuelles sont le fric, la consommation, l'individualisme. Et si on cherchait à mettre au premier plan  l'instruction, l'éducation, la culture ...

Oui je sais, je rêve.

 

 

De Bergson à Nietzsche...

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 10:00

...c'est pas vraiment drôle.

En août 2008 j'écrivais un article dont le titre était "Peut-on rire de tout ?"

A cette époque j'avais très peu de lecteurs et les textes de mes articles étaient assez longs. Depuis je me suis adapté aux remarques de ceux qui dès que le texte dépasse trois ou quatre lignes sans image, renoncent à la lecture et ne regardent que les dessins.

Sans doute qu'il faut vivre avec son temps comme me l'écrivait  il y a peu une lectrice. Mais si vous avez quelques minutes à perdre pourquoi ne pas y revenir ? J'ai été moi même surpris en le relisant, j'en avais totalement oublié le contenu.

http://ampelosophisme.over-blog.com/page/22

(L'article est vers le bas de la page 22)

Rire avec Bergson...

Un peu lassé par les divers commentaires sur l'humour entendus ça et là depuis le 7 janvier de la part de gens qui ont des opinions sur tout et des connaissances sur pas grand chose, je suis reparti à la rencontre d'Henri Bergson dont j'avais sûrement laissé tomber la lecture depuis ... le milieu des années 60 ?

Henri Bergson: (1859 - 1941)

Henri Bergson: (1859 - 1941)

J'avoue volontiers que Bergson est moins drôle qu'Aristophane. Pourtant son ouvrage le plus connu et semble-t-il le plus lu n'est pas, "Essai sur les données immédiates de la conscience" ni "L'évolution créatrice", ni "Les deux sources de la morale et de la religion", ouvrages dont les titres sont à peine plus aguichants que ceux des romans de mon ami Philippos (Philippe Couillaud que je vous ai présenté ici à plusieurs reprises et dont la dernière publication s'intitule: "Léonard ou les odonymes du cancer"). Le Best-seller ( ="succès d'édition" en langue vulgaire, c'est à dire en français !!!) de Bergson est bien entendu: "Le rire".

Je vous livre le dernier paragraphe de l'ouvrage. (Pour ceux qui trouvent ça trop long allez voir un peu plus loin il y a des dessins !)
 

"C’est ainsi que des vagues luttent sans trêve à la surface de la mer, tandis que les couches inférieures observent une paix profonde. Les vagues s’entre-choquent, se contrarient, cherchent leur équilibre. Une écume blanche, légère et gaie, en suit les contours changeants. Parfois le flot qui la fait abandonne un peu de cette écume sur le sable de la grève. L’enfant qui joue près de là vient en ramasser une poignée, et s’étonne, l’instant d’après, de n’avoir plus dans le creux de la main que quelques gouttes d’eau, mais d’une eau bien plus salée, bien plus amère encore que celle de la vague qui l’apporta. Le rire naît ainsi que cette écume. Il signale, à l’extérieur de la vie sociale, les révoltes superficielles. Il dessine instantanément la forme mobile de ces ébranlements. Il est, lui aussi, une mousse à base de sel. Comme la mousse, il pétille. C’est de la gaîté. Le philosophe qui en ramasse pour en goûter y trouvera d’ailleurs quelquefois, pour une petite quantité de matière, une certaine dose d’amertume."

(C'est moi qui écrit les dernières lignes en caractères gras)

 

Une des questions dont je cherche la réponse est: peut-on faire de l'humour sans offenser personne ? Et celle qui me vient à la suite est: l'humour ne doit-il pas être nécessairement caustique, c'est à dire être une sorte d'aiguillon psycho-social ? Ne doit-il pas avoir un petit goût d'amertume, pour reprendre le mot du philosophe ?

 

Pour ma part , j'aurais envie de dire à priori, qu'il est possible de faire de l'humour sans offenser (presque) personne.

Rire avec Bergson...

Mais poursuivons notre étude.

Comment Bergson aborde-t-il le sujet ?

Il développe son argumentation en trois points.

1 - Le rire est nécessairement humain.

On rit des gens, pas des objets. Dans "Le gros dégueulasse" de Reiser ce n'est pas le calbute mais le personnage qui est risible. ...quoi que ...

Rire avec Bergson...

2 - Le rire est purement cérébral.

Être capable de rire exige un certain détachement, une certaine  distance émotionnelle par rapport au personnage qui est censé déclencher le rire. C'est là à mon idée que ça commence à coincer !

Explication scientifique:

Coupe de deux cerveaux

Rire avec Bergson...
Rire avec Bergson...

Je pense que c'est assez clair comme ça ? On voit nettement sur les images produites par IRM (Imagerie Relativement Merdique) comment la structure interne du cerveau est modifiée en fonction de l'environnement socio-culturel et de l'éducation d'un individu.

 

3 - Le rire a une fonction sociale.

Pour comprendre le rire il faut le replacer dans son contexte naturel qui est la société, et nous devons essayer de déterminer son utilité sociale. "Le rire doit répondre à certaines exigences de la vie en commun. Il doit avoir une signification sociale".

Rire avec Bergson...

Mais si comme le pense Bergson, le rire à une fonction sociale, il est tout à fait normal que l'humour qui le déclenche appuie parfois à un endroit particulière sensible de l'individu moqué, et provoque chez ce dernier une certaine "amertume" ou plus encore selon l'intensité et la puissance du trait d'humour.

 

Rire avec Bergson...

Conclusion:

1 - Réfléchir sur le rire et les mécanismes du rire n'a rien de très drôle.

2 - Alors que l'opinion généralement admise serait plutôt de dire que rire est un comportement naturel de l'homme, il s'avère après réflexion que si le rire est naturel, le sens de l'humour s'apprend, comme pour chacun de nous sa langue maternelle, ou comme la recette de la garbure béarnaise (1). Dans la culture occidentale la tradition d'une ironie impertinente vis à vis du pouvoir politique, religieux, ou même des dieux remonte au moins à Aristophane. (Voir les travaux du philosophe britannique Paul Grice dans le domaine de la linguistique)

3 - Dans le "village planétaire" (ou "village global" selon l'expression de Marshall Mc Luhan - 1911 - 1980)  qui est bien la réalité du monde contemporain, les informations circulent et se croisent à une vitesse des millions de fois supérieure à celle d'un pet d'anguille glissant sur une toile cirée. Or les productions humoristiques (caricatures, blagues, photos détournées...) sont d'abord des messages, et ces messages sont décodés par chacun en fonction de sa langue, sa culture, son éducation. Tant que le message (le dessin, la blague) reste dans un milieu culturellement homogène, il n'y a pas, ou peu de problèmes. Mais nous vivons aujourd'hui dans un village global. On peut toujours le regretter, penser que "c'était mieux avant" mais la mondialisation est devenue la réalité quotidienne.

Alors ?

Alors, on va peut-être s'arrêter là et prendre le temps de réfléchir ?

(1) Vous pouvez remplacer dans cette phrase "garbure béarnaise" par "potée auvergnate" ou "flamenkuche alsacienne" sans que ça change profondément l'idée générale exprimée dans ce 2ème point.

Rire avec Bergson...
Rire avec Bergson...
Rire avec Bergson...

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos

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