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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 09:50

L'affaire du gueux.

Merci à Montaigne qui m'a aimablement prêté "De l'exercitation" et merci à J.H. Rosny aîné sans qui je n'aurais sûrement pas donné "L'affaire du gueux" comme titre à cet article.

 

De l'exercitation

"Il est malaisé que le discours (le raisonnement) et l'instruction, encore que notre créance (notre croyance) s'y applique volontiers, soient assez puissants pour nous acheminer jusqu'à l'action, si outre cela nous n'exerçons et formons notre âme (notre esprit) par expérience, au train duquel nous la voulons ranger: autrement, quand elle sera au propre des effets (des actions) elle s'y trouvera sans doute empêchée."  Montaigne, Livre II Chapitre VI, DE L'EXERCITATION.

T'en fais pas je te traduis si t'as du mal à suivre. Montaigne nous dit simplement que t'as beau te mettre le cerveau au court-bouillon à cogiter comme un intello sur un problème de la vie, si tu ne t'es pas entrainé (exercisé) avant par des expériences concrètes, le jour où t'es vraiment en face du problème tu l'as dans le cul !

Ah, ça y est,  je vois que là tu commences à comprendre !

Je reprends donc le texte du brave Michau (c'est le nom que lui donnait son père quand il était gamin) quelques lignes plus loin.

"Mais à mourir, qui est la plus grande besogne que nous ayons à faire, l'exercitation ne nous y peut aider."

Autrement dit, on ne peut pas s'exercer à mourir, car une fois qu'on a fait l'expérience de la mort, même si on s'appelle Jésus, on a peu de chances de revenir en vie pour pouvoir profiter de cette expérience !  Alors quand on s'appelle Michel Montaigne, Dominikos ou Aristogènes .... c'est même pas la peine d'y penser.

Résumons l'idée par un petit dessin.

De l'exercitation
De l'exercitation
De l'exercitation

Les évènements récents, attentats, crashs (ou crashes, les deux sont corrects) d'avions, massacres divers, ne sont sûrement pas étrangers au souvenir qui m'est revenu du chapitre "DE L'EXERCITATION" des Essais de Montaigne.

Aussi loin que remonte ma mémoire il me semble que je me suis toujours posé la question "comment fonctionne donc l'esprit des gens qui commettent des crimes, des attentats, des massacres ? Ne se rendent-ils pas compte que quoi qu'ils fassent, dans quelques années, naturellement, ni eux ni leurs victimes ne seront plus là ? Alors pourquoi accélérer ce qui va inéluctablement arriver un jour ? "

Je crois que je suis une sorte de "mendiant du savoir" qui tend la main à tous les philosophes passés et présents dans l'espoir d'un morceau de réponse. Bref, je suis un gueux et la mendicité est mon affaire. (Ouf ! Vous avez vu comment je suis arrivé à caser ce con de titre dans mon texte ?)

Montaigne (1533 - 1592) vit le temps des guerres de religion qui auraient fait environ 2 millions de victimes en France, soit 10% de la population de l'époque, beaucoup mortes, outre les victimes des massacres, à cause des famines et épidémies dues aux guerres. (et pourtant à l'époque on n'avait pas encore inventé la "Kalachnikov", alors on massacrait de manière artisanale! Que du "fait main" !). Que propose-t-il pour tenter de vivre le moins mal possible dans un monde parfois un peu fou ?

Le secours de la religion ?  Bof, s'il reste catholique au milieu de la tourmente, il n'en affiche pas moins un scepticisme pyrrhonien qui hérisse le poil de Pascal, le siècle suivant. (Sa devise était "Que-sais-je ?")

Alors en fait il opterait plutôt pour la même solution que Bakounine (pas le philosophe et théoricien anarchiste Russe, mais le rat d'égout compagnon d'Aristogènes)

 

 

De l'exercitation
De l'exercitation
De l'exercitation

Bon, voilà un article qui se termine mieux qu'il avait commencé.

On arrête là ?

D'accord.

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

Pendant deux ou trois semaines il n'y aura pas de nouvel article (voyage au pays de Mistral). Si vous êtes en manque vous avez les 279 articles précédents déjà mis en ligne sur ce blog ! Alors bonne lecture...mais attention à l'overdose !

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Dominikos
25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 16:30

L'Utopie.

Petite confidence. Jusqu'à la semaine dernière je n'avais jamais lu un petit bouquin que je connais pourtant depuis ... et même peut-être encore avant ! "L'Utopie" de Thomas More.

Tu n'as jamais lu le texte intégral toi non plus ?

2 Euros ! même pas le prix d'un tiers de paquet de clopes !

More and more

Ah bon, tu l'avais lu ? Je me disais bien aussi, que tu devais être moins ignare que moi qui jusque là ne m'étais contenté que d'extraits ou de textes qui évoquent l'oeuvre de Thomas More qui a inspiré entre autres Saint Simon,  Fourier, Marx, Proudhon ou encore Jean-Baptiste Godin (le mec au poêle).

La monarchie britannique, la société anglaise du XVIème siècle, la noblesse, la justice,  la société européenne, ... en prennent pour leur grade ! Pour moi j'y ai trouvé la violence des critiques d'Aristophane sans l'humour scatologique et les histoires de cul qui émaillent les comédies du poète athènien du Vème siècle AV JC.

Quelques extraits ?

a) Tirés du Livre premier.

A l'adresse du roi:

"Et de fait, nager dans les délices, se gorger de voluptés au milieu des douleurs et des gémissements d'un peuple, ce n'est pas garder un royaume, c'est garder une prison."

A l'adresse de ceux qui gouvernent:

"Le médecin qui ne sait guerir les maladies de ses clients qu'en leur donnant des maladies plus graves, passe pour un ignare et un imbécile; avouez donc, ô vous qui ne savez gouverner qu'en enlevant aux citoyens la subsistance et les commodités de la vie, avouez que vous êtes indignes et incapables de commander à des hommes libres."

b) Tirés du livre second qui décrit la vie dans la république d'Utopie ("Utopie" est un nom fabriqué à partir du grec "ou" et "topos" = le pays de nulle part)  

"L"homme sage prévient le mal plutôt que d'employer des remèdes" (on est en plein dans l'épicurisme bien compris)

Les utopiens ne possèdent pas d'argent. Tout appartient à tout le monde (ça me rappelle encore "L'Assemblée des Femmes" d'Aristophane)

Ils sont habillés simplement et se moquent des gens qui "estiment leur habit au dessus de peur propre personne" et qui "exigent, en raison de la riche élégance de leur vêtement, des honneurs qu'ils n'oseraient espérer avec une mise simple"

A quelques passages près par exemple sur le servage ou l'inégalité hommes - femmes, très connotés XVIème siècle, ce livre aurait en grande partie sans doute, pu être écrit de nos jours.

Bon, je ne vais quand même pas vous recopier un petit bouquin à 2 Euros !

 

Juste un petit dessin pour faire transition mais ce sera le seul.

More and more

L'actualité ainsi que le contexte politique et social du moment ne me donnant pas vraiment envie de dessiner, je me suis dit que j'allais plutôt vous livrer une petite fable d'Aristogènes. Il y en a eu plusieurs dans les premiers articles parus en 2007 à l'époque  où il n'y avait que quelques dizaines de lecteurs.

L'idée d'écrire cette aimable plaisanterie m'est venue suite à la lecture d'une fable qui circule en ce moment sur Internet et qui est bien entendu attribuée à La Fontaine. Mais dès les premiers vers les propos haineux, racistes et xénophes qui s'en dégagent montrent à l'évidence (enfin peut-être pas "à l'évidence" pour tout le monde ?) qu'elle n'est pas du poète de Château-Thierry !

 

Tour de cochon

 

Dans une ferme Berrichonne

Un dindon,

Le gentil Léon,

Admirait une truie cochonne.

 

Une belle truie de Bretagne

Dodue et pleine d’assurance

Avec en plus de la prestance,

Parlant avec aplomb et hargne.

 

Le dindon souvent est affable,

C’est un bien brave volatile

Parfois quelque peu imbécile,

Prêt à gober la moindre fable.

 

Mais la truie est une enjôleuse.

Par maint discours et persuasions

Elle entraîna le bon Léon

Dans une aventure hasardeuse.

 

Comme elle détestait les moutons,

Elle fit croire au naïf dindon

Au cerveau en hibernation

Que les ovins sont des gloutons.

 

"Ils bouffent tout, ils puent, ils pètent,

Et sans parler de leur haleine,

Qui schlingue encore plus que leur laine.

Et puis ils n'en font qu'à leur tête !"


"Il faut chasser ces sales bêtes !

Ainsi dans notre basse-cour

Le bonheur en très peu de jours

Reviendra. Ce sera la fête !"

 

Le dindon suivit la cochonne,

Il en fut même le héraut

Et transmit à tous les nigauds

Les idées de sa truie mignonne.

 

C’est ainsi qu’une nuit pendant que la fermière

Se faisait prendre avec une ardeur cavalière

Les dindes et dindons se faufilent sans bruit

Et ouvrent doucement la grande bergerie.

En quelques gloussements ils évacuent les bêtes

Qui prennent dans les champs la poudre d’escampette.

Si bien que le matin quand revint le patron,

Il n’y avait dans la ferme plus le moindre mouton.

Et la truie triomphait devant la basse-cour

Tous les dindons du lieu venaient faire leur cour.

La fermière, un temps, en fut très affligée,

Puis elle se ressaisit, se mit à gamberger,

Noël n’étant pas loin, elle tua les cochons

Et en fit des pâtés et de bons saucissons

Et puis ce fut le tour des dindes et dindons

Qui firent les délices de nombreux réveillons.

 

Moralité :

 

Méfiez-vous des beaux discours

En politique ou en amour,

Car ceux qui briguent vos suffrages

Ne sont pas toujours les plus sages.


 

Allez, même si tout n'est pas parfait dans la république d'Utopie, je pense comme l'auteur que le utopiens ont une foule de choses que j'aimerais bien voir établies chez nous. Ne serait-ce déjà que la tolérance, le respect d'autrui, un peu de scepticisme dans la réflexion de chacun ...

Mais comme l'écrit Thomas More en dernière phrase de son livre:

"Je le souhaite plus que je ne l'espère."

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

Vous savez sans doute que Thomas More a été condamné à mort et décapité à la hache en 1535 sur ordre du roi Henri VIII dont il était devenu le conseiller avec le titre de "Chancelier du Royaume".

Qui a dit que "Les conseilleurs ne sont pas les payeurs" ?

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Dominikos
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 16:42

Résister à la sottise.

Ben quoi ? J'ai bien le droit d'écrire "sottise" et pas "connerie" non ?

Bien que ...


https://www.youtube.com/watch?v=ajZWze5hq4g

Le portique ou le jardin ?

Il y a quelques jours j'étais sur le point de mettre fin à ce blog.

Anéanti une nouvelle fois par le flot de bêtises qui jaillissent des médias, mélangeant avant de les évacuer, les sujets proposés à la réflexion populaire  dans un tourbillon nauséabond qui n'est pas sans m'évoquer les résidus d'une gastro happés par la chasse d'eau d'une cuvette de chiottes.

Tu vois ce que je veux dire ?

Français ! Citoyens ! Réfléchissez ! Donnez votre avis !

- Est-il opportun que Franck Ribéry prenne la nationalité allemande ?

- La dernière chanson de Goldman est-elle une provocation ? (C'est curieux, mais dans le contexte politique économique et social actuel, ce n'est pas une chanson de variétés que m'évoque immédiatement le mot "provocation". En 1971 Léo Ferré débutait sa chanson "Le conditionnel de variété" par cet avertissement parlé: "Je ne suis qu'un artiste de variétés et ne peut rien dire qui ne puisse être dit "de variétés" car on pourrait me reprocher de parler de choses qui ne me regardent pas". A prendre au second degré dans la bouche de Léo.)

- François Hollande a-t-il eu raison d'après vous d'emmener avec lui Marion Cottillard en voyage officiel aux Philippines ?

Est-il vraiment utile à quelqu'un que je continue de tenter (avec humour si possible) d' évoquer pour quelques centaines de lecteurs (1) les grand problèmes du monde, relatifs à l'économie mondialisée, la dégradation de la planète, le creusement des inégalités sociales, la tolérance, le "vivre ensemble" dans le village planétaire ... en essayant d'appuyer la réflexion sur la pensée de quelques philosophes des siècles passés ou contemporains?

Tout ça n'a aucun intétrêt. La bétise a déjà gagné.

Et puis je découvre un petit bouquin du philosophe Lucien Jerphagnon (1921 - 2011).

 

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Suite à cette lecture vivifiante, me revint en mémoire l'histoire du vieux Yacoub, lue il y a bien lontemps dans un recueil de contes d'Henri Gougaud.

Résumé d'après le souvenir que j'en ai.

Yacoub était un vieux tailleur juif de Prague dont toute la famille avait disparu pendant la guerre. Pourtant, lui qui avait tant souffert adorait la vie et se désespérait de voir autour de lui le monde si violent et les gens si insensibles. Alors un jour, cet homme dont le coeur était plein d'espoir et la tête pleine de rêves, décida chaque soir au cours de sa promenade dans les rues de Prague de s'arrêter sur un banc et de raconter des contes aux passants afin peut être de leur communiquer un peu de son humanité, de son espoir, et ainsi peu à peu de changer le monde.

Soir après soir, le nombre des auditeurs augmentait et les gens écoutaient émerveillés et souriants les paroles du vieux Yacoub.

Mais l'hiver arrivant le nombre des auditeurs se mit à diminuer jusqu'à ce qu'il se retrouve seul sur son banc. Alors, il ferma les yeux et continua à raconter des histoires. Et cela dura  plusieurs jours.

C'est ainsi qu'un soir de neige,  un jeune garçon qui passait devant le banc s'arrête, regarde Yacoub, écoute quelques instants, prend pitié du vieux fou et lui dit:

- Ne sais-tu pas que personne n'écoute ton histoire ?

- Je sais répond Yacoub

- Mais alors pourquoi la racontes-tu ?

- Oh, au début quand j'ai commencé à raconter des histoires, je pensais que grâce à elles j'allais arriver à changer le monde.

- Et tu l'as changé ? dit le gamin en riant .

- Non.

- Alors pourquoi est-ce que tu continues ?

- Maintenant si je continue, c'est pour que le monde ne me change pas.

Suivant l'exemple de Yacoub, je me suis donc mis à un nouvel article.

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Abordons donc notre sujet avec méthode.

1 - Qu'est-ce qu'un sot ?

Il est fréquent de constater que l'on est toujours sot aux yeux de quelqu'un. Je trouve personnellement une certaine volupté à passer pour un sot aux yeux d'un con.

Existe-t-il des critères objectifs de jugement ? Depuis la fin du XIXème siècle de nombreux psychologues ont cherché à mesurer l'intelligence. En 1912 le psychologue  Allemand  Wilhelm Stern invente le terme "Quotient intellectuel" (Q.I.). Depuis, la recherche continue. Elle avait commencé il y a bien longtemps.

Epictète, philosophe stoïcien  (50 - 125 env) écrit: "Est-ce seulement d'après l'apparence qu'on juge un être ? Alors dis que ce morceau de cire est une pomme; encore faut-il qu'elle en ait en plus l'odeur et le goût. Pour faire un homme non plus, le nez et les yeux ne suffisent pas s'il n'a point de pensées humaines. En voici un qui n'entend pas raison et ne comprend pas les critiques; c'est un âne. En celui là, toute conscience est morte; c'est tout plutôt qu'un homme."

Plus directe est la définition de Démétrios le Cynique, philosophe Grec qui vécut à Rome (avant de s'en faire virer !) sous les règnes de Néron et de Vespasien.

"Les sots, qu'ils parlent ou qu'ils pètent, celà se vaut."

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

2 - Comment atteindre l'ataraxie (état de tranquillité de l'âme, d'absence de trouble) qui serait pour de nombreux philosophes,  le principe même du bonheur, (eudémonia), quand on vit dans un monde où la sottise gagne du terrain?

a) En suivant les philosophes de l'école du Portique ?

Au Vème siècle av. J.C. Zénon enseignait sur l'Agora d'Athènes sous un portique ("STOA" en grec, d'où le nom que l'on a donné à son école et à ses diciples: "Stoïciens").

 

 

 

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Mais les stoïciens sont peut-être un peu trop,... comment dire,...stoïques pour mon caractère gascon ?

 

b) En suivant les philosophes de l'école du Jardin ?

Epicure (342 - 270 Av J.C.) enseignait dans un petit jardin d'Athènes, d'où le nom "école du Jardin" donnée aux philosophes épicuriens.

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

Conclusion: je me sens un peu enlisé dans un monde dans lequel la crétinisation augmente.

Mais je sais aussi que mes sensations ne sont que des sensations et ne correspondent peut-être pas à la réalité.

Que dit Lucien Jerphagnon en conclusion de son petit livre sur la sottise ?

"Tout le monde semble d'accord, et depuis toujours, pour estimer dire et répéter que les sots sont la majorité. Telle serait on l'a vu l'opinion commune. Mais ce qui fait souci, c'est justement la piètre opinion que l'on a ...de l'opinion. Cela ressort clairement de l'avertissement unanime et séculaire: gardez-vous de l'opinion, car il y a bien des chances qu'elle soit fausse. L'opinion apparaît même, sinon comme le point oméga de la sottise, du moins comme le refuge des gens incapables de "penser par eux-mêmes" , comme on se plait à le dire sans trop approfondir."

Je vous renverrais bien à ce sujet à un passage célèbre du "Criton" de Platon, mais je crains que ça fasse un peu long, un peu compliqué et que vous finissiez par me traiter de con.

C'est déjà fait ?

Bon, alors j'arrête là.

 

 

Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?
Le portique ou le jardin ?

(1) 5706 visites sur ce blog en janvier et 4363 en février. Au début j'écrivais ces petites chroniques pour une cinquantaine d'amis. Maintenant je ne sais plus vraiment pour qui j'écris mais j'imagine que c'est toujours pour des amis ? Je n'ai pas encore reçu de courrier d'insultes. Mais tous les espoirs me sont permis !

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

 

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Dominikos
25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 06:59

... de la Méduse ?

Je n'ai pas envie d'écrire. Je pense que vous comprendrez pourquoi en regardant mon dessin.

Radeau...

C'est assez explicite non ?

Pardon ? Qu'est-ce que tu dis ? Mon dessin est muet ?

D'accord, je te mets le son.

Radeau...

Moi, j'aime mieux la première version, elle laisse un espace de rêve au lecteur qui peut créer lui même les réflexions des personnages.

Oui, je sais bien que tu as l'habitude de bouffer du prédigéré, alors le moindre effort de mastication te nique les mandibules du cerveau !

Remarque qu'en même temps, le fait de mettre une fois l'image sans texte, puis une autre fois avec les bulles me permet d'utiliser deux fois le même dessin.

Avec le temps que ça m'a pris pour le faire, ça me permet de rentabiliser le travail ! C'est bien la première fois que je mets un peu plus d'une heure à faire un dessin. Tu vas voir que si ça continue à ce rythme je vais finir par travailler le dimanche !

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

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Dominikos
19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 07:00

... ou du Rire au Gai Savoir.

 

Après avoir évoqué "Le Rire" de Bergson, et pour rester dans la franche rigolade et la joyeuseté philosophique, j'ai pensé qu'un passage par "Le Gai Savoir" de Friedrich Nietzsche (1844 - 1900) était incontournable.  

De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...
De Bergson à Nietzsche...

Bon, ça va pas être facile ! Mais ne nous laissons pas décourager. Comment aborder "Le Gai Savoir" ?

Et d'abord, d'où vient ce titre ? Nietzsche était-il un incurable adepte de la poilade, de la déconnante, de la blague, du coussin péteur ? Quand on connaît un peu la vie du philosophe (surtout la fin de sa vie), on sait qu'il avait des charançons dans la toiture. L'anecdote du 3 janvier 1889 à Turin où il enlasse en pleurs et en pleine rue un cheval qui était fouetté par son cocher, est significative de l'état mental du pauvre Friedrich à partir de cette date. Mais "Le Gai Savoir" a été publié quelques années plus tôt en 1882.

 

De Bergson à Nietzsche...

"Le Gai Savoir" est en fait la traduction en français du titre allemand "Die fröhliche Wissenschaft" (là, ça calme hein ?) qui est lui même la traduction d'une formule occitane, "la Gaya Scienza" qui désigne en langue provençale l'art de composer les poésies lyriques des troubadours du Moyen Age. La traduction française du titre est-elle fidèle à l'idée que voulait faire passer Nietzsche ? Les spécialistes s'interrogent.

Pour être clair, je dois bien dire que si vous voulez rigoler un peu il vaut mieux lire "Va te marrer chez les Grecs" que "Le Gai Savoir"

Juste une petite blague, de mémoire: C'est un intellectuel, un chauve et un coiffeur qui font un trekking. Un soir ils campent dans un endroit désert et décident de veiller à tour de rôle sur leurs affaires. C'est le coiffeur qui prend la première veille et, pour s'amuser, il rase la tête de  l'intellectuel pendant son sommeil; puis il le réveille, une fois son quart terminé. L'intellectuel, en se réveillant, se gratte la tête et s'aperçoit qu'il n'a plus un cheveu. "Ah! s'écrie-t-il, ce con de coiffeur s'est gouré: au lieu de me réveiller, il a réveillé le chauve !"

 

Je sais, c'est absurde, mais ça me fait rire !

De Bergson à Nietzsche...

Cependant, "Le Gai Savoir" est une mine de réflexions sur la morale, la vie, la société, la religion, la connaissance ...

Je ressens souvent une étrange proximité avec l'auteur à la lecture de ses aphorismes.

Exemples:

52 - Ce qu'autrui sait de nous - (...) On vient plus facilement à bout de sa mauvaise conscience que de sa mauvaise réputation.

130 - Une décision dangereuse. - La décision chrétienne de trouver le monde laid et mauvais à rendu le monde laid et mauvais.

C'est peut-être pour ça qu'il s'est mis à câliner les chevaux !!! ?

173 -  Être profond et paraître profond. - Qui se sait profond s'efforce d'être clair; qui aimerait passer pour profond aux yeux de la foule, s'efforce d'être obscur. Car la foule tient pour profond, tout ce dont elle ne peut voir le fond: elle est si peureuse et si réticente à entrer dans l'eau...

334 - On doit apprendre à aimer. - C'est un peu long, (27 lignes) mais vous pouvez aller le découvrir vous même.

On trouve à chaque page de cet étrange ouvrage (étrange par la forme. Nietzsche y inclus même des poèmes) des éclairs de pensée qui nous rendent ce bon Friedrich si contemporain.

"La véritable vertu est aujourd'hui de faire quelque chose en moins de temps qu'autrui." 

Je pourrais encore citer ces passages où il explique que chercher à connaître est se mettre en état d'insécurité, ce qui explique sûrement pourquoi nous avons tant de mal à remettre en question nos certitudes pour aller vers une connaissance plus profonde.

 

Depuis quelques semaines on nous rebat les oreilles avec la dispariton des valeurs. Je pense que notre société a toujours  des valeurs, c'est juste qu'elles ont changé. Les valeurs actuelles sont le fric, la consommation, l'individualisme. Et si on cherchait à mettre au premier plan  l'instruction, l'éducation, la culture ...

Oui je sais, je rêve.

 

 

De Bergson à Nietzsche...

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 10:00

...c'est pas vraiment drôle.

En août 2008 j'écrivais un article dont le titre était "Peut-on rire de tout ?"

A cette époque j'avais très peu de lecteurs et les textes de mes articles étaient assez longs. Depuis je me suis adapté aux remarques de ceux qui dès que le texte dépasse trois ou quatre lignes sans image, renoncent à la lecture et ne regardent que les dessins.

Sans doute qu'il faut vivre avec son temps comme me l'écrivait  il y a peu une lectrice. Mais si vous avez quelques minutes à perdre pourquoi ne pas y revenir ? J'ai été moi même surpris en le relisant, j'en avais totalement oublié le contenu.

http://ampelosophisme.over-blog.com/page/22

(L'article est vers le bas de la page 22)

Rire avec Bergson...

Un peu lassé par les divers commentaires sur l'humour entendus ça et là depuis le 7 janvier de la part de gens qui ont des opinions sur tout et des connaissances sur pas grand chose, je suis reparti à la rencontre d'Henri Bergson dont j'avais sûrement laissé tomber la lecture depuis ... le milieu des années 60 ?

Henri Bergson: (1859 - 1941)

Henri Bergson: (1859 - 1941)

J'avoue volontiers que Bergson est moins drôle qu'Aristophane. Pourtant son ouvrage le plus connu et semble-t-il le plus lu n'est pas, "Essai sur les données immédiates de la conscience" ni "L'évolution créatrice", ni "Les deux sources de la morale et de la religion", ouvrages dont les titres sont à peine plus aguichants que ceux des romans de mon ami Philippos (Philippe Couillaud que je vous ai présenté ici à plusieurs reprises et dont la dernière publication s'intitule: "Léonard ou les odonymes du cancer"). Le Best-seller ( ="succès d'édition" en langue vulgaire, c'est à dire en français !!!) de Bergson est bien entendu: "Le rire".

Je vous livre le dernier paragraphe de l'ouvrage. (Pour ceux qui trouvent ça trop long allez voir un peu plus loin il y a des dessins !)
 

"C’est ainsi que des vagues luttent sans trêve à la surface de la mer, tandis que les couches inférieures observent une paix profonde. Les vagues s’entre-choquent, se contrarient, cherchent leur équilibre. Une écume blanche, légère et gaie, en suit les contours changeants. Parfois le flot qui la fait abandonne un peu de cette écume sur le sable de la grève. L’enfant qui joue près de là vient en ramasser une poignée, et s’étonne, l’instant d’après, de n’avoir plus dans le creux de la main que quelques gouttes d’eau, mais d’une eau bien plus salée, bien plus amère encore que celle de la vague qui l’apporta. Le rire naît ainsi que cette écume. Il signale, à l’extérieur de la vie sociale, les révoltes superficielles. Il dessine instantanément la forme mobile de ces ébranlements. Il est, lui aussi, une mousse à base de sel. Comme la mousse, il pétille. C’est de la gaîté. Le philosophe qui en ramasse pour en goûter y trouvera d’ailleurs quelquefois, pour une petite quantité de matière, une certaine dose d’amertume."

(C'est moi qui écrit les dernières lignes en caractères gras)

 

Une des questions dont je cherche la réponse est: peut-on faire de l'humour sans offenser personne ? Et celle qui me vient à la suite est: l'humour ne doit-il pas être nécessairement caustique, c'est à dire être une sorte d'aiguillon psycho-social ? Ne doit-il pas avoir un petit goût d'amertume, pour reprendre le mot du philosophe ?

 

Pour ma part , j'aurais envie de dire à priori, qu'il est possible de faire de l'humour sans offenser (presque) personne.

Rire avec Bergson...

Mais poursuivons notre étude.

Comment Bergson aborde-t-il le sujet ?

Il développe son argumentation en trois points.

1 - Le rire est nécessairement humain.

On rit des gens, pas des objets. Dans "Le gros dégueulasse" de Reiser ce n'est pas le calbute mais le personnage qui est risible. ...quoi que ...

Rire avec Bergson...

2 - Le rire est purement cérébral.

Être capable de rire exige un certain détachement, une certaine  distance émotionnelle par rapport au personnage qui est censé déclencher le rire. C'est là à mon idée que ça commence à coincer !

Explication scientifique:

Coupe de deux cerveaux

Rire avec Bergson...
Rire avec Bergson...

Je pense que c'est assez clair comme ça ? On voit nettement sur les images produites par IRM (Imagerie Relativement Merdique) comment la structure interne du cerveau est modifiée en fonction de l'environnement socio-culturel et de l'éducation d'un individu.

 

3 - Le rire a une fonction sociale.

Pour comprendre le rire il faut le replacer dans son contexte naturel qui est la société, et nous devons essayer de déterminer son utilité sociale. "Le rire doit répondre à certaines exigences de la vie en commun. Il doit avoir une signification sociale".

Rire avec Bergson...

Mais si comme le pense Bergson, le rire à une fonction sociale, il est tout à fait normal que l'humour qui le déclenche appuie parfois à un endroit particulière sensible de l'individu moqué, et provoque chez ce dernier une certaine "amertume" ou plus encore selon l'intensité et la puissance du trait d'humour.

 

Rire avec Bergson...

Conclusion:

1 - Réfléchir sur le rire et les mécanismes du rire n'a rien de très drôle.

2 - Alors que l'opinion généralement admise serait plutôt de dire que rire est un comportement naturel de l'homme, il s'avère après réflexion que si le rire est naturel, le sens de l'humour s'apprend, comme pour chacun de nous sa langue maternelle, ou comme la recette de la garbure béarnaise (1). Dans la culture occidentale la tradition d'une ironie impertinente vis à vis du pouvoir politique, religieux, ou même des dieux remonte au moins à Aristophane. (Voir les travaux du philosophe britannique Paul Grice dans le domaine de la linguistique)

3 - Dans le "village planétaire" (ou "village global" selon l'expression de Marshall Mc Luhan - 1911 - 1980)  qui est bien la réalité du monde contemporain, les informations circulent et se croisent à une vitesse des millions de fois supérieure à celle d'un pet d'anguille glissant sur une toile cirée. Or les productions humoristiques (caricatures, blagues, photos détournées...) sont d'abord des messages, et ces messages sont décodés par chacun en fonction de sa langue, sa culture, son éducation. Tant que le message (le dessin, la blague) reste dans un milieu culturellement homogène, il n'y a pas, ou peu de problèmes. Mais nous vivons aujourd'hui dans un village global. On peut toujours le regretter, penser que "c'était mieux avant" mais la mondialisation est devenue la réalité quotidienne.

Alors ?

Alors, on va peut-être s'arrêter là et prendre le temps de réfléchir ?

(1) Vous pouvez remplacer dans cette phrase "garbure béarnaise" par "potée auvergnate" ou "flamenkuche alsacienne" sans que ça change profondément l'idée générale exprimée dans ce 2ème point.

Rire avec Bergson...
Rire avec Bergson...
Rire avec Bergson...

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 20:02

Devoirs de vacances.

Pas moyen de prendre quelques jours de vacances à respirer l'air (frais, surtout le matin, moins 11°C hier matin à 9h) des "Trois Vallées" de la Tarentaise sans être rattrapé par l'actualité.

...par l'actualité et par la grippe, mais c'est une autre histoire ...

Alors juste deux dessins, et pour les commentaires on verra plus tard.

 

1 - Le dernier article se terminait par une question: Peut-on établir un dialogue entre les grenouilles de bénitier et les rats de bibliothèque ?

J'ai vérifié, on peut !

 

 

2015 commence fort.

2 - Faire le compte de tout ce que la Grèce a apporté à la civilisation européenne et plus largement à l'humanité serait un travail...(j'allais dire "un travail de romains" !) cyclopéen !

A commencer par le nom "EUROPE".

La victoire de Syriza aux élections législatives inaugure-t-elle un nouveau départ vers une Europe plus sociale ou "le début de la fin" d'une organisation dans laquelle les intérêts économiques et financiers défendus selon les doctrines libérales (au sens du "libéralisme économique" que vous appelez peut-être "capitalisme" s'il vous reste un vieux fond de culture marxiste) ont toujours prévalu sur les mesures politiques et sociales ? Le nom officiel de cette union à ses débuts était d'ailleurs  "Communauté Economique Européenne"  qui dans le langage populaire et journalistique devenait, "Marché commun".

 

Alors ?

 

 

2015 commence fort.

Si je n'ai pas fait trop de fautes (s'il y a des fautes je vais recevoir des insultes de mes amis grecs, mais les insultes en grec sont poétiques à mon oreille) les textes des bulles sont:

- A gauche Alexis Tsipras (tu ne l'avais pas reconnu ?) dit:

Je suis le nouveau Miltiade ! (En espérant qu'il ne finisse pas aussi vite que Miltiade un an après son triomphe à Marathon)

- Bien que je ne sois pas un champion de la caricature t'as reconnu les personnages du couple de droite ?

Ils disent:

Nous sommes les barbares ! (allusion à Miltiade qui avait vaincu les Perses - donc pour les Grecs, "les barbares" -  à Marathon. Je t'explique car tel que je te connais, déjà que tu râles parce que mes textes sont d'après toi souvent trop compliqués, là ça va être les bulles de mon dessin !  Nom de Zeus, ça ne m'étonne pas qu'il y ait plein de mous de la coiffe qui ne comprennent pas l'humour de Charlie Hebdo !)

- Au centre Aristogènes qui dit :

A suivre ...

 

On va arrêter là. Vous ne voulez tout de même pas que je vous fasse un dessin sur l'anniversaire de Sarkozy ? D'ailleurs son anniv' des 60 ans c'était hier, alors tant pis.

Je vous fais pas la bise, ma grippe est contagieuse.

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

 

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Dominikos
17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 09:50

Les parties culs et les menteurs.(1)

Quelle image donne-t-on  généralement de la classe politique française ?

1 - Une bande de raconteurs de bobards qui n'hésitent pas à lancer les promesses les plus alléchantes avant leur élection, à mentir aux citoyens une fois élus, et donc à prendre les citoyens pour des crétins. (Ce qui ne s'avère pas tout à fait faux une fois qu'ils ont été élus ! )

2 - Des jouisseurs paillards (là ,ça concerne nettement plus les hommes que les femmes, les femmes étant soit moins paillardes, soit plus discrètes) qui profitent de leurs privilèges pour assouvir leurs passions culières et dont on peut suivre les aventures, des "Ballets roses" de 1959 à l'affaire DSK en 2011.

 

Mais attention aux amalgames !

Tous les politiques ne sont pas des menteurs, tous ne sont pas des paillards suivant bien plus la ligne de leurs parties que celle de leur parti.

 

L'amalgame est pourtant une "figure de style" récurrente de la pensée commune ( "La pensée mise en commun est une pensée commune" Léo Ferré).  

L'ensemble des opinions populaires, des préjugés ou des présuppositions plus ou moins fondées qui sous-tendent nos conversations de bistrot (de bureau, d'atelier, de vestiaire, de salle des profs ...) est appelé dans le langage philosophique depuis Parmédine d'Elée (vers 540 av JC - vers 450 av JC.)  "DOXA".

Doxa
Doxa
Doxa

La doxa est formée d'opinions toutes faites qui ne sont pas fondées sur une connaissance, mais sur des "on dit", des impressions, de vagues sentiments. Elle s'oppose chez Parménide à "l'être qui est" qui est le chemin qui mène à la vérité.

Pourquoi tout à coup cette réflexion sur la doxa ?

Simplement parce que comme vous je suis un peu surpris par le consensus qui semble se dégager depuis les attentats des 7 et 9 janvier. A la première impression cela m'a semblé réjouissant, mais très vite cette fraternité citoyenne face à l'émotion causée par les 17 morts m'a semblée un peu artificielle. D'où vient ce sentiment d'inquiétude, d'insécurité qui m'accompagne depuis l'enfance ?
 

Doxa

Il est vrai que cette réaction de masse en soutien à la liberté d'expression même de la part de gens qui, quel que soit leur engagement aussi bien religieux, athée ou politique, se mobilisent pour défendre une liberté fondamentale de notre République est plutôt rassurante. Il m'évoque immédiatement le célèbre poème de Martin Niemöller (1892 - 1984) 

 

Quand ils sont venus chercher les communistes,

Je n'ai rien dit,

Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

Je n'ai rien dit,

Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,

Je n'ai pas protesté,

Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

Je n'ai pas protesté,

Je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,

Et il ne restait personne pour protester


 

Doxa

Martin Niemöller était pasteur. Ancien combattant de la 1ère guerre mondiale, commandant de sous-marin, il avait d'abord été favorable au régime hitlerien avant de s'en éloigner. Il a été interné au camp de concentration de Sachsenhausen en 1937 puis à Dachau en 1941.

Alors ?

Alors pour revenir à notre réflexion sur la doxa, le problème avec les opinions toutes faites, les présupposés, les préjugés, c'est que ce sont justement des opinions toutes faites, des présupposés et des préjugés, (oui, je sais, ce n'est pas avec des phrases de ce niveau là que je me prépare un fauteil sous la Coupole) et que ces préjugés varient d'un individu à l'autre en fonction de sa culture, de son éducation, de la richesse de son langage qui est la base de la pensée.

"Qu'est-ce que la pensée ? Un nouveau né pense-t-il ? Peut-on penser sans mots ?" Boris Cyrulnik - Les âmes bléssées - Odile Jacob - Sept 2014 - page 47.

Et l'humour ? L'humour est-il le propre de chaque civilisation ? Existe-t-il des sociétés sans humour ? Pourquoi l'humour fait-il si peur à certains ?

Bon, je crois qu'il y a là encore plein de sujets à explorer à travers la méthode (peu académique ?) de l'ampélosophisme.

Nous verrons ça dans quelques semaines, je m'accorde un peu de vacances.

A bientôt

Doxa

(1) Tout rapport avec le titre d'un roman de Michel Houellebecq n'est peut-être que le fruit du hasard

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:50

...

Deuil

Depuis mercredi je reçois des messages du genre "T'en penses quoi ?"

Ben, comme toi mon pote. Si j'avais des choses géniales à dire on s'en serait aperçu il y a longtemps non ?

Quand j'ai appris l'attentat contre Charlie Hebdo il était environ 13h et je prenais ma voiture pour partir de chez moi pour 24 heures. On disait qu'il y avait des morts mais pas encore le nombre ni leur identité. Je retarde mon départ de 3 minutes le temps de faire le premier dessin qui me passe par le crayon et de le mettre sur Facebook.

Deuil

C'est dans la voiture que j'ai appris l'ampleur du massacre.

Retour à la maison hier soir.

Nouvelles questions.

Bon, écoutez les amis, je n'ai rien à dire d'intelligent, surtout pas de drôle, et pour l'instant ni Platon, Démocrite, Spinoza ou Diderot ne me sont d'un grand secours. Même pas Dieu ! C'est vous dire !

Si je fais des petits dessins merdiques depuis l'époque (lointaine) où j'étais étudiant, c'est parce que les dessinateurs de l'équipe d'Hara-Kiri puis Hara-Kiri Hebdo, puis Charlie Hebdo m'en ont donné envie.

Donc je n'en dirai pas plus.

Juste un petit dessin peut-être ?

Deuil

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos
4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 18:35

On se la souhaite comment ?

2015

Mais d'où nous vient donc cette tradition de souhaiter une bonne année à nos amis et à notre famille chaque 1er janvier ?

Jules César en 46 avant JC en imposant le calendrier "julien" en remplacement du calendrier républicain qui était jusqu'alors en usage à rome, fixe le début de l'année au 1er janvier pour la fête du dieu Janus. (En France le roi Charles IX en 1564 institue le 1er janvier 1er jour de l'année dans tout le royaume)

Janus est un dieu à deux visages, l'un qui regarde vers l'avant et l'autre vers l'arrière.

2015

Ce n'est pas parce que Janus est le dieu des portes, qu'il faut chercher dans la racine de son nom une étymologie plus ou moins scatologique ! Je vous connais, je sais bien le type de plaisanteries, de vannes de calembours que vous attendez. Mais cette année c'est décidé je ne ferai plus que du haut de gamme. Pas d'histoires de cul, pas de nounours membré façon Priape (un dieu grec celui là). Le seul cul de ce blog sera le CUL-TUREL.

En réalité cette histoire de voeux est une très vieille notion religieuse commune à tous les peuples de la terre aussi loin que remontent nos connaissances. Toutes les cosmologies religieuses de toutes les mythologies du monde opposent le temps historique qui est un temps linéaire, et que l'on ne peut donc parcourir que dans un sens, au temps sacré qui est un temps cyclique et qui se renouvelle chaque année.

Le 1er janvier est donc symboliquement une remise à zéro du compteur du temps et la possibilité d'un nouveau départ dans l'imaginaire collectif de tous les peuples.

Alors "Bonne Année" !

 

2015

Euh, qu'est ce que j'avais dit sur les histoires de cul ?

Bon, laissez moi quelques jours pour m'entraîner. Je ne peux tout de même pas changer de style simplement parce que nous sommes passés en 2015 !

 

Pour aborder ces questions de la représentation du temps dans les mythologies je vous propose deux ouvrages de ma bilbiothèque. (Mais il y en a sûrement beaucoup d'autres)

 

2015
2015

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

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Dominikos

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