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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 14:32

Essayons d'en rire ... mais ce n'est pas vraiment drôle. 

Dis moi pas qu'c'est pas vrai !

Je pense que ça ne mérite pas plus que ce petit dessin, mais pas moins non plus. 

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 18:55

Le "financier", c'est pas d'la tarte. 

Don't worry, be happy !

Vous connaissez le "Financier" ce petit gâteau parfumé à l'amande ? Avec une tasse de thé dans l'après-midi c'est plutôt sympa non ? 

Bien sûr je ne dis pas que parfois, le sandwich de voyou, andouillette, moutarde, cornichons avec un verre ou deux de vin de Saint Chinian ne soit pas préférable pour refaire le plein de calories, par exemple au retour d'une marée sur les parcs à huîtres du Bassin d'Arcachon. Mais le thé/financier ... je lui trouve quand même un certain charme.

Est-ce à cause de son origine ? Il aurait été inventé au XVIIè siècle par les soeurs  "Visitandines" de Nancy sous une forme ovale, puis un pâtissier voisin de la Bourse de Paris lui aurait donné au XIXè siècle sa forme de lingot d'or.  Peut-être aussi à cause de l'analogie avec la création du "canelé" (en Principe avec un seul N) créé au XVIIIè siècle à Bordeaux par les soeurs du couvent de l'Annonciade. Et puis c'est comme ça, j'ai un peu de tendresse pour les soeurs !!!! 

Saint François de Sales donnant la règle de la Visitation de Sainte-Marie à Sainte Jeanne de Chantal. (Noël Hallé: 1711-1781)

Saint François de Sales donnant la règle de la Visitation de Sainte-Marie à Sainte Jeanne de Chantal. (Noël Hallé: 1711-1781)

Voici un article qui commence avec élégance, ne trouvez-vous pas ? 

Pourquoi donc cette introduction du sujet sur une réflexion pâtissière ? 

Simplement parce que j'ai envie de tenter en quelques lignes d'évoquer l'importance de la finance dans nos sociétés qualifiées par certains penseurs "d'hypermodernes"

Qui dit "finance" dit "financier" et qui dit '"financier" rencontre les soeurs "Visitandines" et leurs petits gâteaux ! C'est clair non ? 

Don't worry, be happy !

Observons le fonctionnement de notre société. 

Les institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE, Institutions européennes...), imposent aux Etats des réformes afin de limiter leur dette publique. Des agence privées (Moody's, Standard & Poor's ...) au service de l'industrie financière qui les paye, attribuent aux Etats (démocratiques, cela va de soi !) des notes qui influent sur les taux d'intérêt auxquels ils vont pouvoir emprunter à des banques privées.  Afin de présenter la financiarisation de l'économie, (et par delà de la société entière), au grand public on invente un nouveau langage qui a pour but d'édulcorer d'anciennes formules dont la brutalité risquerait de heurter de front les citoyens. 

Exemples:

On ne parle plus de "profit" mais de ROE ("return on equity" - en anglais ça fait plus sérieux-)

"Licenciement", très vilain mot, est remplacé par "plan d'ajustement structurel". 

La Désindustrialisation devient le LBO ("leverage buy out" ou en français - c'est moins chic mais pas mal quand même- "effet de levier") 

Quant à la "délocalisation", elle prend le nom de "compétitivité" ce qui a quand même, convenez-en une autre gueule ! 

Le problème avec ce nouveau langage, c'est que souvent on ne comprend rien aux explications savantes que nous donnent dans les médias, experts de toutes sortes et politiques. Bon, en même temps c'est aussi le but de cette "novlangue", pour reprendre l'expression de George Orwell. Le plus inquiétant me semble-t-il, est que souvent, on ne comprend même pas qu'on n'a pas compris !!! 

Don't worry, be happy !
Don't worry, be happy !
Don't worry, be happy !

Essayons maintenant de présenter rapidement (la rapidité est une valeur fondamentale de la société hypermoderne, toute explication dépassant le nombre de mots d'un "Tweet" ou d'un SMS étant inaudible) la structure de notre société, afin de tenter d'en comprendre le fonctionnement. 

Représentons notre société sous la forme d'un iceberg. 

 

Don't worry, be happy !

Inspirons nous très librement des concepts proposés par Marx et Engels qui me semblent toujours valides.  

L'infrastructure de la société présente la façon dont est organisée la production, c'est à dire l'économie, puisque le mot "économie" désigne d'abord l'ensemble des activités humaines relatives à la production, distribution et consommation des richesses. L'infrastructure détermine en grande partie les superstructures de la société. 

La superstructure de la société désigne plutôt les productions non matérielles.

« Est-il besoin d'une grande perspicacité pour comprendre que les idées, les conceptions et les notions des hommes, en un mot leur conscience change avec tout changement survenu dans leurs conditions de vie, leurs relations sociales, leur existence sociale ? Que démontre l'histoire des idées, si ce n'est que la production intellectuelle se transforme avec la production matérielle ? Karl Marx. (Pas besoin d'être marxiste pour comprendre cela) 

Notre incapacité à transformer ce monde auquel nous trouvons tant de défauts vient me semble-t-il du fait que nous cherchons toujours à agir sur les superstructures de la société et non sur son infrastructure. 

Conclusion.

Cet article socio-pâtissier avait seulement pour but de réconforter  tous mes braves amis qui se désolent après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. 

Comment ? 

Simplement en essayant de montrer que pour changer vraiment un Etat en profondeur, il ne faut pas agir sur la superstructure de la société (par exemple en votant pour élire un représentant quelconque des citoyens - président, député ...)  mais en agissant sur l'infrastructure sociale (les fondements de l'organisation économique de l'Etat) ... et ça c'est une autre histoire ! 

Dans nos société "hypermodernes" où la finance domine non seulement l'économie mais aussi le politique, la marge de manoeuvre de ceux qui se présentent comme les "dirigeants" du pays est relativement étroite. D'où la déception des votants après chaque élection lorsqu'ils s'aperçoivent que les promesses électorales ne sont pas tenues !!! 

Vous voyez bien que la finance, c'est pas d'la tarte ! 

 

Don't worry, be happy !

Mais il se peut aussi que je ne raconte que des connerie ? 

"Si on doute de si peu de choses, c'est que les communes impressions, on ne les essaie jamais" Montaigne - Les Essais - Livre II - Chapitre XII. 

(Cette citation, si vous ne la savez pas par coeur, c'est que vous ne suivez pas ce blog depuis 2007 ... ou que vous avez un petit pois dans le grelot.)

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 10:42

Où il est montré qu'en partant du Phèdre de Platon, nous pouvons arriver à une réflexion scatologique.

Diarrhée
Diarrhée
Diarrhée

Le Phèdre de Platon est une réflexion sur l'amour. (amour homosexuel, puisque nous sommes ici entre gens de la "bonne société" athénienne). Phèdre qui sort de chez son ami l'orateur Lysias, rencontre Socrate et lui parle du discours prononcé par celui-ci sur le thème de l'amour. Lysias développe l'idée "qu'il faut accorder ses faveurs à celui qui n'aime pas, plutôt qu'à celui qui aime" .

Vous connaissez Socrate ! Il est friand de discours comme  certains  de nos jours, de matchs de foot ou de films de cul ! (j'en connais même qui adorent les deux) . Il demande alors à Phèdre de lui répéter le discours de Lysias, tranquillos à l'ombre d'un platane sur le bord de l'Illissos.

Bon, pour la suite, si ça vous intéresse je vous renvoie au texte de Platon.  

Diarrhée
Diarrhée

En fait mon but n'est pas de vous parler du fond du discours lui même, mais de la comparaison que fait Socrate à la fin du texte sur la différence qui existe d'après lui entre le discours oral et le discours écrit. 

Il dit: "...l'écriture, Phèdre, a un grave inconvénient, tout comme la peinture. Les produits de la peinture sont comme s'ils étaient vivants; mais, pose leur une question, ils gardent gravement le silence. Il en est de même des discours écrits. On pourrait croire qu'ils parlent en personnes intelligentes, mais demande leur de t'expliquer ce qu'ils disent, ils ne te répondront qu'une chose, toujours la même. Une fois écrit, le discours roule partout et passe indifféremment dans les mains des connaisseurs et dans  celles des profanes, et il ne sait pas distinguer à qui il faut, à qui il ne faut pas parler. S'il se voit méprisé ou injurié injustement, il a toujours besoin du secours de son père, car il n'est pas capable de repousser une attaque et de se défendre lui même."

 

Diarrhée

Pour ma part, j'ai autant de méfiance envers le discours oral qu'envers le discours écrit. Il me semble que dans les deux cas, la transmission de la pensée de l'auteur du discours dépend de deux éléments:

- de l'auteur du discours (écrit ou oral) bien sûr. 

- de celui qui le reçoit. 

S'il est vrai que l'on ne peut pas questionner un discours écrit, chacun peut cependant:

- le lire à son propre rythme, alors que seul l'orateur maîtrise le rythme de son discours.

- Y revenir plus tard, le relire après avoir réfléchi, s'être documenté, et peut-être même enrichi son vocabulaire, ce qui va lui permettre de comprendre ce qu'il n'avait pas compris à la première lecture.

Et puis je constate qu'avec la prolifération des moyens de communication de masse (qui n'existaient pas à l'époque de Platon, je le concède) nous sommes submergés par des discours tsunamesques ( = qui ressemblent à un tsunami  ... le mot n'existe pas ? Tant pis, j'en avais besoin, je le crée) qui ne sont qu'une suite de banalités, d'affirmations absolument gratuites mais qui pour les gens peu informés paraissent vraisemblables, et sont donc perçues comme vraies ! 

 Vous pensez aux discours politiques ? Ah bon. Moi aussi. 

Tout ceci pour dire que j'ai souvent la désagréable impression que nous sommes noyés dans une logorrhée (ou diarrhée verbale) ... qui nous fout dans la merde ! (Ouf ! nous avons enfin retrouvé Aristophane !) 

 

 

Diarrhée
Diarrhée
Diarrhée

Je me suis même laissé dire que le président d'un grand "Etat démocratique" pouvait être élu suite à une campagne électorale fondée sur des discours démagogiques, haineux, sans aucun fondement, sans programme, mais qui font rêver une partie du corps électoral. 

Diarrhée

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:49

Où il est montré qu'en partant de la scatologie nous pouvons arriver au Phèdre de Platon.

Constipation.
Constipation.
Constipation.

 Je regarde assez peu la télévision, à part le matin quand je prends mon p'tit déj' en compagnie de "Télé Matin". Et là, il y a quelque chose qui m'interpelle et dont j'ai longtemps hésité à parler. 

Cela ne concerne pas le choix des infos, la propagande insidieuse distillée par ce média de masse, ni même le niveau généralement affligeant de la pensée dans les propos politiques.

Non, ce qui m'interroge c'est le nombre de flashs publicitaires sur les laxatifs !  Des pubs sur les pâtes, les lessives, les bagnoles, les produits anti-rides (pour les femmes car un homme avec des rides ça fait viril et baroudeur), ...etc... mais pour les laxatifs ???  Et je ne parle pas des compléments alimentaires facilitant le transit intestinal, comme de "bifidus", bactérie miracle dont l'étymologie latine (Bifidus= fendu en deux) m'évoque étrangement celle du mot schizophrène (Mot créé en 1908 par Eugen Bleuler -(1857, 1938)- du grec "Skizein= fendre et Frên= l'âme, l'esprit. Le schizophrène aurait donc "l"esprit fendu en deux"). Il y a même des eaux minérales qui paraît-il stimulent les intestins paresseux !!!

D'où mon questionnement: La constipation serait-elle la maladie du siècle, et les laxatifs seraient donc un produit de consommation de masse ?

Vous comprenez maintenant pourquoi cet article commence un peu à la manière de certaines pièces d'Aristophane, (enfin, pour ceux qui connaissent le théâtre d'Aristophane), par une entrée en matière (si j'ose dire) scatologique.

Alors, suivant le précepte de Montaigne qui dit, "Si on doute de si peu de choses, c'est que les communes impressions, on ne les essaie jamais." je me lance dans une courte recherche.

 

Constipation.

Je découvre que si on ajoute les constipés occasionnels aux constipés chroniques on a en France 10 à 35% de la population adulte qui est touchée. Cela représente un marché de 50 millions de boîtes de laxatifs vendues par an !  

On comprend donc que la cible formée par les clients potentiels est assez grande pour justifier de bonnes campagnes publicitaires. 

Mais, me direz-vous, quel est le rapport entre constipation anale et constipation mentale ? 

J'émets audacieusement l'hypothèse que tout individu coincé des sphincters est tellement préoccupé par son handicap, (pouvant entraîner des effets secondaires que nous passerons ici sous silence), que son esprit, totalement mobilisé  par son problème de tuyauterie bouchée, ne peut plus se concentrer sur aucune autre question faisant appel à une réflexion intellectuelle. Il me paraît clair par exemple que si les candidats aux diverses élections n'avaient pas la conviction qu'ils s'adressent essentiellement à des constipés de l'encéphale, leurs discours seraient moins niais, moins démagogiques, plus argumentés. Mais ils savent très bien que pour être élus, il leur faut convaincre, non pas leurs partisans déjà convaincus, mais la frange indécise des constipés du bulbe !  

 

Constipation.

C'est arrivé à ce point de ma réflexion que je pense au texte de Platon: Phèdre. (Il ne s'agit pas ici de Phèdre , fille de Minos et de Pasiphaé, sœur d'Ariane et épouse de Thésée, mais d'un beau jeune homme qui ... mais débrouillez vous si vous voulez connaître la suite). Et un passage où Socrate s'adresse à Phèdre me revient en mémoire. Il lui dit:

"Dans le tribunaux en effet (on pourrait remplacer aujourd'hui "les tribunaux" par "les discours de campagnes électorales")  on ne s'inquiète pas le moins du monde de dire la vérité, mais de persuader, et la persuasion relève de la vraisemblance: c'est à la vraisemblance que l'on doit s'appliquer, si l'on veut parler avec art" 

En d'autres termes il ne s'agit pas de faire réfléchir les électeurs sur les questions politiques, économiques, sociales, ... mais de leur dire ce qu'ils attendent, de les conforter dans leurs craintes, et surtout pas de les obliger à penser, à douter, à faire jaillir de leur cerveau une idée qui ne serait pas conforme à la doxa.

Notre système politique de démocratie représentative nous oblige-t-il donc à subir des discours pour constipés ? J'espère que les quelques médecins que je connais, fidèles lecteurs de ce blog, (... et les autres que je ne connais pas) se feront un devoir de me donner leur avis sur cette hypothèse.

Pour conclure, je ne vois rien de mieux que les dernières lignes du Phèdre de Platon, qui se termine par la célèbre prière de Socrate.

Socrate

"Cher Pan, et vous, divinités de ces lieux, donnez moi la beauté intérieure, et que l'extérieur soit en harmonie avec l'intérieur; que le sage me paraisse toujours riche, et que j'aie juste autant d'or que le sage seul peut en emporter avec lui. Avons nous quelque autre chose à demander, Phèdre ?

Phèdre

Fais les mêmes vœux pour moi, car tout est commun entre amis.

Socrate

Allons nous en.

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 16:48

Perte de sens

Louis-Jean Calvet est un linguiste dont j'ai découvert le travail et la pensée grâce à un ami qui m'a prêté "La Méditerranée, mer de nos langues", ouvrage que j'ai dévoré et dont j'ai même acheté un exemplaire pour pouvoir y revenir de temps en temps.

 

Boustrophédon.
Boustrophédon.

Dans la foulée, je lis "Histoire de l'écriture" du même auteur. Je découvre alors que pour certaines écritures, à leur naissance le sens de la graphie n'était pas clairement défini. On pouvait écrire aussi bien de droite à gauche que de gauche à droite et parfois même le sens changeait à chaque ligne comme un boeuf tirant une charrue qui fait un sillon dans un sens et qui arrivé au bout du champ fait le sillon suivant en sens inverse. C'est ce que l'on appelle "écrire en boustrophédon" ( du grec "Bous" = Boeuf  et "Strophé" = tour, conversion, virage,)

Attends, je te fais un dessin.

Boustrophédon.

Le boustrophédon est donc un changement de direction soudain à 180°.

Cette petite présentation linguistique pour en arriver à la question suivante:

Ne pourrait-on pas qualifier de "boustrophédon mental" la perte de sens que l'on constate quotidiennement dans de nombreux domaines ?

Quelques exemples.

La démocratie représentative en France. 

 

 

 

 

Boustrophédon.
Boustrophédon.
Boustrophédon.

La vie quotidienne. 

J'adore les chiens. J'ai toujours eu des animaux autour de moi...

... et en même temps ...  

Y'en a marre de tous ces chiens qui viennent pisser contre mon mur ! 

Boustrophédon.
Boustrophédon.
Boustrophédon.

Vie politique:

Les exemples sont bien trop nombreux pour être détaillés ici. Juste deux illustrations du propos:

- Discours du candidat : "Mon ennemi c'est la finance !" (Applaudissement) ... puis quelques temps après on voit que la politique menée par le candidat élu n'a rien à voir avec ses promesses.

- Discours du candidat: "Si je suis élu nous abolirons  la loi sur le mariage pour tous"  (Applaudissements) ... puis quelques temps plus tard (avant même l'élection) le même candidat écrit dans un livre "Nous ne toucherons pas à la loi sur le mariage pour tous" (je cite de mémoire).

... etc ...

Laïcité ou pas ?

Une polémique m'amuse depuis peu. "L'installation de crèches de Noël dans certaines mairies est-elle une manifestation de respect de vieilles traditions ou une entorse à la laïcité ?"

Là encore il me semble que les réactions sont beaucoup plus le fruit d'une émotion spontanée que d'une réflexion appuyée sur une connaissance.

D'où vient cette idée de la crèche ?

 

 

Boustrophédon.

Il est bien entendu qu'étant agnostique je ne suis pas le mieux placé pour aborder ce sujet, mais essayons quand même de comprendre le problème avec calme et méthode. 

Évangiles.  Seul l’Évangile de Matthieu cite les mages (pas de date du 25 décembre,  pas de Rois Mages  et pas de nombre de ceux-ci). Matthieu 2.1-12

La première célébration de Noël un 25 décembre apparaît à Rome au IVè siècle en remplacement de la fête païenne de "Sol invictus" 

La première crèche jouée par des personnages vivants est généralement attribuée à François d'Assise en 1223 dans l'église de Greccio. 

C'est également au XIIIè siècle que la mythologie chrétienne s'étoffe avec la publication de la "Légende dorée" de Jacques de Voragine, un dominicain, évêque de Gènes. 

Il présente les trois Rois Mages et les décrit comme étant Melchior (un vieillard barbu à la peau blanche), Gaspard, (un jeune homme asiatique à la peau basanée) et Balthazar (un homme d'âge mûr à la peau noire).  Ce  symbole me semble intéressant. On peut y voir que le message apporté par le christianisme s'adresse à tous les hommes quelle que soit la couleur de leur peau et leur âge. C'est le côté "universel" de cette religion. (Je vous rappelle que le mot "catholique" vient de "katholikos" qui signifie en grec, "universel").

Au delà de leurs différences apparentes (couleur de peau, âge) ces trois personnages sont unis par le respect qu'ils manifestent devant le nouveau né.  

Les premières crèches avec des personnages en terre cuite  apparaissent au XVIè siècle en Italie dans des églises puis vers le XVII et XVIIIè siècle chez de riches familles. En France c'est surtout à l'époque de la Révolution que le phénomène se développe. On y ajoute généralement des personnages contemporains qui viennent faire vivre cette représentation et qui symbolisent ainsi l'unité de la communauté villageoise autour de l’événement donc qui créent du lien social. (Ce dont on manque parfois cruellement me semble-t-il)

Alors, des crèches ou pas de crèches dans les mairies ? 

Personnellement je retiens d'abord le côté "universel" et fédérateur du message de la crèche. Ça me fait penser au slogan de Mc Do.

 

 

 

 
 
Boustrophédon.

Alors il me semble bien qu' en ces temps où le communautarisme, la xénophobie et le racisme tendent à refleurir, je serais plutôt pour l'installation des crèches dans le lieux public et particulièrement dans ceux qui, comme les mairies, sont les maisons communes de tous les citoyens, quitte à y ajouter comme dans les crèches provençales des éléments de la vie quotidienne. Je vous donne un exemple en image. 

Boustrophédon.

En observant les réactions des partisans et des opposants à la crèche j'ai constaté que ceux qui affichent des idées xénophobes et parfois racistes, sont favorables à l'installation des crèches, et au contraire, ceux qui prônent des idées humanistes de fraternité entre les peuples, sont généralement contre.

Nous sommes en plein boustrophédon mental non ? 

Ne voient-ils donc pas le beau symbole de la crèche ? Pour former une communauté il faut respecter des valeurs communes. 

Ou alors c'est moi qui n'ai rien compris ... ce qui est également une hypothèse à retenir. 

Correspondance : aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 10:02

Le mur du çon.

Comme tout dinosaure né au milieu du siècle passé, je ne cesse d'être pantois devant les progrès quotidiens des sciences et de la technologie.

Cependant je constate que parallèlement aux innovations dont la rapidité semble depuis le début de la révolution industirelle s'accroître de manière exponentielle, l'homme reste attaché à des pratiques, des outils, des objets, des comportements, qui peuvent, si on y réfléchit un peu sembler tout à fait archaïques et qui pourtant sont indispensables au déroulement de sa vie de tous les jours.

Exemple: le marteau, invention attestée au néolithique vers 8000 AV JC.  et peut être déjà présente à la fin du paléolithique (je ne suis pas préhistorien)  est encore un des outils à main les plus utilisés.

On peut faire la même constatation en observant les comportements humains contemporains. (Je donne l'explication en images, pour mes amis qui se découragent dès qu'un texte dépasse dix lignes.)

Archaïsmes
Archaïsmes
Archaïsmes

C'est la construction d'un mur la semaine dernière sur le terrain en face de la porte de ma cuisine qui a déclenché chez moi cette réflexion.

Archaïsmes

De tous temps (à ne pas confondre avec "de tout temps" )  l'homme a cherché à se protéger des dangers divers présents dans la nature, comme les animaux sauvages alléchés par les parfums suaves de Cro-Magnon qui évoquaient pour eux un repas de fête, ou les voisins indésirables qui lorgnaient avec concupiscence madame Cro-Magnon dont les charmes à peine voilés par un bikini en peau de ragondin excitaient des convoitises irrépressibles.

Quelques murs célèbres à travers l'histoire peuvent illustrer mon propos.

Les murs cyclopéens des cités mycéniennes (1400 - 1200 av JC. Age du bronze) dont les pierres pèsent plusieurs tonnes d'une épaisseur moyenne de 6 mètres et d'une hauteur de 8 à 10 mètres.

Les longs murs (461 - 456 av JC.) entre Athènes et le port du Pirée pour éviter l'invasion des Spartiates et autres indésirables.

Le mur d'Hadrien (122 - 127 ap JC.) de la mer d'Irlande à la mer du Nord pour protéger l'Angleterre des Calédoniens (Barbares Ecossais à poil sous des kilts en peau de moutons.

Le mur d'Antonin (139 ap JC) entre la Clyde et le Firth of Forth (entre Glasgow et Edinbourg si ça vous parle plus) (ça ne te parle pas non plus ? Bon, laisse tomber.)  pour protéger le sud de l'Ecosse et l'Angleterre des méchants barbares venus des Highlands.  

La Grande muraille ou muraille de Chine construite, détruite, reconstruite entre le IIIè siècle av JC et le XVIIè siècle pour protéger les bons Chinois des cruels Mongols et dont il reste près de 7000 km mais qui doit mesurer, si on prend en compte tous les élements plus de 20 000km selon une estimation de 2012.  

Et cette furie de la construction des murs dure jusqu'à nos jours.

Murs de séparation entre Israël et les territoires Palestiniens  afin de protéger les israëliens de l'intrusion de terroristes arabes, commencé en 2002 sur 700km.

Murs entre les Etats-Unis et le Mexique  commencé en 2006 et qui actuellement dépasse les 1000km sur plus de 3000km de frontière . Donald Trump propose de terminer le mur sur les 3000 km et de faire payer la facture aux Mexicains en ponctionnant les transferts de fonds que le émigrés déja installés sur le sol des Etats-Unis font en direction de leur pays d'origine ! J'espère que ce monsieur lèguera son cerveau à la science, une exploration méticuleuse de son cortex doit valoir le déplacement.

 

Nous pourrions multiplier les exemple presque à l'infini.  

 

Quel est le point commun entre tous ces murs de protection ?

Aucun n'a jamais arrêté les méchants barbares, Spartiates, Ecossais, Mongols, Palestiniens, Mexicains, ... qui voulaient passer.

... et pourtant on continue à nous expliquer qu'afin d'assurer notre sécurité, quoi de mieux que les bons vieux murs ?

Et il y a toujours de braves gens pour le croire.

Les archaïsmes ont la peau dure !

 

Bon, on termine par un dessin ?

 

 

 

 

Archaïsmes
Archaïsmes
Archaïsmes

Dès qu'il y a une promo sur les truelles et le ciment à Leroy Merlin, je vous fais signe.

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 17:07

Plages 2016

Mon cher Martin, merci. Sans ton coup d'aiguillon, je restais dans cet état proche de la "stupeur hébéphrénocatatonique" (comme disait ma grand-mère qui avait lu tout  Freud et ses disciples) qui m'interdit pour l'instant de produire ces merveilleux articles ampélosophistes attendus avec impatience par des millions... des milliers... des centaines ? .... enfin, quelques dizaines de fidèles lecteurs.  

 

Devoirs de vacances

Voilà, c'est tout.

Mais ne vous inquiétez pas, je me soigne. Je suis bien entouré.

A plus tard

Dominikos

Dominikos
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 10:35

Allez les bleus !

La fête continue.
La fête continue.
La fête continue.

Allez, ne faites pas la gueule !

Il nous reste encore de bons moments à passer.

- Le Tour de France.

- Les J.O. de Rio.

- Les primaires de la Droite et celles de la Gauche.

- La campagne électorale de la présidentielle de 2017

 ... et puis le Championnat de France de foot va reprendre dans quelques semaines...

Tout va bien. La société du spectacle continue sa route.

(ça ne méritait pas plus hein ?)

 

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 09:01

Le bus de Topomalakes.

S'il existe au monde un pays où les habitants ont tout pour être heureux, c'est bien la principauté de Topomalakes. Petit Etat montagnard indépendant depuis le XIème siècle, il est enclavé entre le Binioukistan et la Molardavie, et occupe une vallée fertile drainée par l'Urinapapa dont les eaux aux reflets dorés irriguent les cultures en terrasses de la base des versants.  

La même dynastie de princes, éclairés, comme les casinos de Las Vegas, règne avec sagesse sur cette vallée riante dont les vaches rousses ont inspiré il y a près d'un siècle le nom d'un célèbre fromage fondu en portions.

Pendant près de mille ans la vie s'est déroulée paisiblement dans ce petit paradis, à l'écart des conflits qui ont agité l'histoire de l'humanité, jusqu'au jour où le modernisme est arrivé au sein de la montagne heureuse. Le prince Ratp 1er qui avait voyagé dans le vaste monde eut l'idée, afin de faciliter les déplacements dans son pays, d'y introduire un moyen de transport collectif: l'autobus.

Mais au cours de son périple hors de la principauté, Ratp 1er avait aussi découvert un mode de gouvernement totalement inconnu à Topomalakes: la démocratie. Dans les circonvolutions de son auguste cerveau germa alors une idée qu'il qualifia lui même de "géniale". Associer la révolution technologique représentée par l'autobus à un magnifique progès politico-social grâce à l'adoption de la noble pratique démocratique, en faisant élire par le peuple pour une durée de 5 ans, le chauffeur de l'autobus ! Seul un prince éclairé pouvait avoir une idée aussi brillante.

On fit appel à des professeurs étrangers pour animer l'école (E.N.A. Ecole Nationale de l'Autobus) qui fut fondée pour former les futurs candidats au poste de chauffeur. Outre le prestige de la fonction, de nombreux avantages furent attribués aux hardis pilotes. Ainsi, au moins un an avant chaque élection une farouche campagne électorale au cours de laquelle s'affrontaient les candidats au poste tant convoité, animait la vie publique de la petite principauté.  

Conte philosophique.

Au cours de cette campagne les promesses des candidats étaient toutes plus alléchantes les unes que les autres, chacun surenchérissant sur ses concurrents au point d'en arriver parfois à des propositions extravagantes. Puis venait l'élection ("Malakia" dans la langue locale -1-). La désignation du nouveau chauffeur donnait lieu à une période de liesse populaire au cours de laquelle les sujets du prince ("Vré malakes" dans la langue locale -1-) devenus des citoyens à l'instant du vote, se félicitaient de la pertinence de leur choix et rêvaient déjà de l'avenir radieux des transports collectifs dans leur douce vallée.

Mais très vite ils s'apercevaient que le nouveau chauffeur ne tenait pas plus ses promesses faites en tant que candidat, que le précédent n'avait tenu les siennes cinq ans auparavant. La méfiance, envers le nouveau pilote, puis le rejet et parfois la haine de cet affabulateur qui profitait de tous les avantages liés à la fonction sans rendre pour autant les services promis, grandissait de jour en jour ... jusqu'à la nouvelle élection où de nouveaux candidats (et parfois les mêmes que cinq ans auparavant ! ) promettaient ce qu'ils savaient pertinemment impossible à tenir.  

Alors, des manifestations, des blocages de routes par les bergers et leurs troupeaux, des grèves de petits transporteurs à dos d'ânes, animaient la vie jusque là paisible de la vallée.   

Et le même scénario se reproduisait pour un lustre de plus. (2)

Le lecteur aura compris que les "Vré malakes" étaient un peu mous de la coiffe. Ils se laissaient abuser à chaque élection, et leur faible capacité de réflexion ne leur permettait pas de voir que le choix du chauffeur avait une influence négligeable sur l'amélioration des transports dans la principauté. Mais toi, lecteur éclairé, fin penseur, plus féru de logique qu'Euclide, plus raisonneur que Socrate, plus érudit que le Petit Robert, plus futé qu'un renard, (3) tu as bien compris que les seules mesures à prendre à Topomalakes étaient:

- de modifier radicalement l'infrastructure routière et remplaçant les pistes à ânes par de vraies routes asphaltées.

- de changer le vieux bus à bout de souffle acheté d'occasion par le prince à un garagiste peu scrupuleux pour le remplacer par un véhicule neuf entièrement repensé pour le bien être des citoyens passagers.

C'est quand on constate la naiveté de certains peuples lointains que l'on mesure la chance que nous avons de vivre au pays de Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau, bref, au pays des Lumières .

 

Conte philosophique.

correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

 

(1)  Petit gag pour faire sourire les hellènophones.

(2) Rappel pour les mous de la coiffe: un lustre est une période de 5 ans.

(3) Il faut bien de temps en temps flatter le lecteur !

Dominikos
24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 12:00

Emotion ou raison ?

 

La démocratie serait-elle devenue une "câlinocratie" ?

Mourir de rire.
Mourir de rire.
Mourir de rire.

- Que pensez-vous du mouvement "Nuit Debout" ?

- Le élus de la Républiques sont-ils des privilégiés ?

- La télévision, l'ordinateur, le portable ... sont-ils des outils d'aliénation de la population ?

- Plutôt que de faire des expérimentations médicales sur les animaux ne pourrait-on pas les faire plutôt sur les terroristes arrêtés ... ou les pédophiles ?

- Êtes vous favorable ou opposé à la sortie des Britanniques de l'Union Européenne ?

Ben ... Euh ...

Chaque jour, nombre de questions du type de celles énoncées ci-dessus nous sont posées soit dans les médias, par exemple à la fin d'un journal télévisé, ("Résultats du sondage demain en fin de journal")  soit nous arrivent par Internet, envoyées par un ami.

Souvent aussi, il ne s'agit plus de questions mais d'affirmations.

" La vraie démocratie est enfin en marche avec le mouvement NUIT DEBOUT"

ou alors,

"NUIT DEBOUT n'est qu'une manifestation éphémère de quelques braillard bobos intellos qui ne sont que des soixante-huitards attardés !" 

ou encore,

"La télévision, l'ordinateur, le portable, sont des outils d'aliénation des peuples"

ou,

"Plutôt que de faire des expérimentations médicales sur les animaux, on devrait les faire sur (au choix) les terroristes, les assassins, les pédophiles, ...

... et ces petits messages sont généralement suivis de la mention:

"Si vous êtes d'accord, partagez !"  (ou "Si vous êtes d'accord, faites suivre.")

 

Mourir de rire.
Mourir de rire.
Mourir de rire.

Ce qui me semble toujours extraordinaire, c'est que si je regarde à nouveau le journal télévisé du lendemain, on va nous donner les résultats du sondage sur la question de la veille !  

Donc il y a bien des gens qui ont répondu. (Je n'imagine pas que les résultats soient truqués, ou directement fabriqués par ceux qui posent la question, c'est inutile, on trouvera toujours de braves téléspectateurs pour répondre).

Moi, il y a une question que je me pose: les gens qui répondent ont-ils vraiment réfléchi sur le sujet, ont-ils des connaissances précises (en économie, politique, sociologie, histoire, psychologie ...) qui leur permettrait d'argumenter leur réponse, ou réagissent-ils simplement à chaud, en fonction de l'émotion que provoque en eux la question ?

La campagne publicitaire en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne me donne un élément de réponse.

Comment convaincre les britanniques de rester dans l'Union ? Par des arguments économiques, politiques, sociaux, historiques ... ? Non, en leur faisant un câlin !

 

Mourir de rire.
Mourir de rire.

L'humain étant un animal à peu près comme les autres (parfois proche du bonobo, parfois plus proche de la méduse !) (mais là je pense que cette dernière remarque est plutôt le fruit d'une certaine colère mal maîtrisée, donc liée plus à mon émotion du moment qu'à une réflexion argumentée !) , il lui est difficile de ne pas réagir en fonction de ses émotions qui parfois peuvent prendre le pas sur la raison.

Mourir de rire.
Mourir de rire.

Et alors ?

Alors, mes petites connaissances dans les sciences humaines et sociales, ont tendance à me faire penser que la raison parviendra  à l'emporter, sinon, il en sera fini avec l'histoire de l'humanité ... car il n'y aura plus d'humanité !

J'ai espoir qu'à travers les tâtonnements, les errements, les maladresses,  de mouvements comme "Nuit Debout", "Podemos", "Occupy Wall Street" ... on assiste une véritable remise en cause de notre système politique et à une réappropriation par le "démos" du "kratos" confisqué par une classe de dirigeants professionnels que nous avons eu la faiblesse d'élire.   

"La souveraineté ne peut être représentée par la même raison qu'elle ne peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point ...(...). Les députés du peuple ne sont donc, ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle"

"Du Contrat social" Jean-Jacques Rousseau - 1762 

Mourir de rire.

Qui de la raison ou de l'émotion, de la parole ou du câlin, finira par prendre le dessus ?

Mourir de rire.

Correspondance: aristogenes@aliceadsl.fr

Dominikos

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